Ali Kazma

Souterrain du 17 octobre 2017 au 21 janvier 2018 Concorde, Paris Entre 2006 et 2015, Ali Kazma développe une œuvre vidéo principalement articulée en deux séries, intitulées Obstructions et Resistance. De durées variables (entre 5 et 17 minutes chacune), ses vidéos explorent l’univers de la production industrielle, artisanale et artistique, constituant une immense archive du monde du travail contemporain. En savoir plus
  • Cet imposant ouvrage est unique en son genre dans la mesure où il s'agit de l'histoire de la littérature et des idées d'une période charnière aussi bien au Moyen-Orient que dans les Balkans. C'est le mouvement de renouveau culturel qui est étudié ici sous tous ses aspects, de la naissance de la presse à la modernisation de l'enseignement, de la transformation des genres littéraires traditionnels à l'adoption et l'adaptation des apports littéraires européens comme le théâtre et le roman. Des chapitres substantiels sont consacrés aux pères fondateurs de la littérature turque contemporaine.
    En un XIXe siècle affaibli par ses défaites militaires, rongé de l'intérieur par les autonomismes locaux, miné sur le plan économique par l'échange inégal avec les grandes puissances européennes, l'Empire ottoman réagit vigoureusement par une série de réformes institutionnelles (les Tanzimat), doublée d'un mouvement de renouveau culturel. C'est ce mouvement qui est étudié ici sous tous ses aspects, de la naissance de la presse à la modernisation de l'enseignement, de la transformation des genres littéraires traditionnels à l'adoption et l'adaptation des apports littéraires européens comme le théâtre et le roman. Des chapitres substantiels sont consacrés aux pères fondateurs de la littérature turque contemporaine, partagés entre les grands courants idéologiques de l'époque. En matière de littérature comparée, les lecteurs trouveront aussi des développements éclairants sur la proximité des poétiques classiques ottomane, arabe et persane, ainsi que sur l'influence considérable exercée en Turquie par la littérature française.
    Tanpïnar a entrepris la rédaction de son livre à l'occasion du centenaire du rescrit impérial des Tanzimat. Conçu à la fois comme un essai critique et comme un ouvrage de référence à l'usage des étudiants et des chercheurs, le livre ne sera publié qu'en 1949, et il connaîtra depuis lors plusieurs rééditions dont la plus rigoureuse, établie par Abdullah Uçman, a servi de base à cette traduction.

  • L'art et la machine

    Collectif

    • Lienart
    • 22 October 2015

    Un livre d'art sur un artiste d'origine coréenne, venu en France en 1969 pour découvrir les grandes traditions picturales issues de l'Impressionnisme, du Fauvisme de Matisse ou de Derain, et plus encore de l'Abstraction mode Kandinsky, Malevitch, Mondrian, Delaunay, Bissière, Hartung, Debré, Messagier... sans oublier les références peintres américains comme Pollock, Sam Francis, Rothko... voilà déjà qui attire l'attention .
    Et ce d'autant plus que l'artiste en question, Kim en Joong, né en 1940 près de Séoul a d'abord reçu des leçons de calligraphies, transmises par son père, dans la tradition bouddhiste. Que ce peintre, devenu catholique en 1967, devenu dominicain à Fribourg en Suisse en 1970, puis prêtre en 1974, ait gardé sa volonté de rester inscrit dans la tradition de la peinture abstraite sans renoncer à son sens de la calligraphie extrême orientale, voilà qui intrigue.
    Ce livre veut aider à comprendre ces traditions artistiques et spirituelles, pour entrevoir le processus créateur d'un artiste, Kim en Joong, libre de toute école. Les rencontres de Kim En joong, par delà les générations, avec des peintres comme Picasso et plus encore Matisse ou Cezanne, méritaient des mises en parallèle, voire en concurrence. Des chapitres sont consacrés à ces mises en référence...
    La rencontre improbable, mais combien émouvante qui eut lieu entre Kim en Joong (si soucieux d'abstraction picturale et de clarté extrême orientale) et Julien Green (si soucieux de figuration et de romantisme allemand, voire de souvenirs de Savannah en Amérique) intriguait tant qu'elle a mérité une présentation dans un chapitre spécifique.

  • Ce nouveau volume des "Contes des sages" met en scène un personnage que l'on retrouve dans la tradition orale de tout l'Orient musulman et qui porte, suivant les pays, le nom de Djeha ou de Nasreddine Hodja. L'ouvrage le suit pas à pas et nous conte les mille et une aventures de ce sage-fou aux semelles trouées, entre ruse et débrouillardise.

    Sous des dehors parfois niais, Djeha se montre suprêmement habile. Il mystifie ses semblables ou les berne pour vivre à leurs dépens. Fertile en expédients, il est capable par son esprit d'à-propos de se tirer des situations les plus délicates. Petit paysan, modeste, marchand ou simplement journalier, il possède parfois un lopin de terre et promène son âne. Presque sage, du moins homme avisé, Nasreddin se fait parfois philosophe.

    Et au travers de ces contes arabo-turco-persans de "sagesse facétieuse", il convie le lecteur à un plaisant voyage, dans un islam à la liberté frondeuse.

  • Techniques de l'observateur de Jonathan Crary est la réédition revue, et augmentée notamment par une postface inédite de l'auteur, de L'Art de l'observateur paru en 1994. Épuisé depuis 10 ans en France, ce livre est devenu un ouvrage de référence mondial dans le domaine des études du XIXe siècle.
    Inspiré par les recherches généalogiques de Michel Foucault, Crary considère que les problèmes de "visibilités" ne doivent pas seulement concerner l'étude des images, mais aussi la construction historique de l'observateur.
    Il insiste sur le fait que les problèmes liés à la vision sont inséparables du fonctionnement du pouvoir social, et il examine comment, à partir des années 1820, l'observateur est devenu le site de nouveaux discours dont la vision est un événement physiologique constituant.

  • Au milieu du XXe siècle, Robert Klein s'est attelé à une tâche immense: repenser l'art et son histoire à partir de la notion aristotélicienne de technè. Loin d'être réductible à la représentation ou à la production du beau idéal, l'art est manière de faire, habitus ou disposition à produire selon une « droite raison » (recta ratio). Dans L'Esthétique de la technè, cette thèse placée sous la direction d'André Chastel et restée jusqu'à ce jour inédite, Klein montre de quelle façon cette conception artificialiste de l'art irrigue l'essentiel de la pensée et de la production artistique du XVIe siècle. L'oeuvre maniériste, qu'il s'agisse d'une sculpture « terrible » de Michel-Ange, d'un tableau « capricieux » d'Arcimboldo ou d'un bronze « virtuose » de Cellini, a pour finalité de susciter la stupeur et l'émerveillement, conduisant le spectateur à s'interroger sur les procès techniques (alliance d'intelligence et d'habilité manuelle) qui l'ont fait advenir sous cette forme. En mettant ainsi l'accent sur le comment, Klein conteste le privilège de l'idée sur les moyens et offre une vision « aristotélicienne » de la Renaissance bien différente de celle, essentiellement néoplatonicienne et idéaliste, à laquelle on la réduit encore trop souvent.

  • Souterrain ; subterranean

    Ali Kazma

    Entre 2006 et 2015, Ali Kazma développe une oeuvre vidéo principalement articulée en deux séries, intitulées Obstructions et Resistance. De durées variables (entre 5 et 17 minutes chacune), ses vidéos explorent l'univers de la production industrielle, artisanale et artistique, constituant une immense archive du monde du travail contemporain. Chaque oeuvre est une étude des gestes d'ouvriers, de leur rapport à la machine et aux outils, des rythmes de travail et de la cadence des chaînes de production automatisées. De la Réserve mondiale des semences à la cryogénisation, de la taxidermie à l'art du tatouage, d'une opération chirurgicale du cerveau à une usine d'automobile entièrement automatisée, Ali Kazma interroge les effets de la recherche et du progrès scientifique sur l'activité humaine, mais aussi le contrôle que l'homme exerce sur son environnement et sa volonté constante de transformer la matière. La perfection, l'expertise scientifique et artistique ou encore la résistance des corps sont autant de notions abordées dans ses oeuvres.

    Auteurs : Selen Ansen et Pia Viewing, entretien avec Paul Ardenne et Barbara Polla.

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  • KITAP BOOK LIVRE

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  • Ce recueil d'articles, publié pour la première fois en 1965 aux Éditions François Maspero, a connu un succès exceptionnel pour un ouvrage théorique : plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires vendus et de très nombreuses traductions. Comme le note Étienne Balibar dans son avant-propos de 1996 : « Dans ce livre s'est engagée l'une des tentatives les plus originales, les plus éloquentes, les plus argumentées aussi [...] pour donner corps et figure théorique au marxisme. » Depuis les années 1960, les études marxistes n'ont pu ignorer cette approche qui établissait une « coupure épistémologique » dans l'oeuvre marxienne, séparant les textes idéologiques du jeune Marx de ceux plus scientifiques du Marx de la maturité. Elle offrait aussi une autre évaluation de l'apport de Hegel à Marx et n'hésitait pas à s'inspirer des réflexions philosophiques de Mao Zedong pour nourrir sa propre philosophie. Rares sont les livres ayant suscité autant de passions théoriques et provoqué autant de débats.

  • Dès les débuts du XXe siècle, de nombreux artistes délaissent le territoire de l'idéalisme, rejettent en bloc les formes traditionnelles de représentation et désertent les lieux institutionnels pour s'immerger dans l'ordre des choses concrètes. La réalité devient une préoccupation première, avec, pour conséquence, une refonte du « monde de l'art », de la galerie au musée, du marché au concept d'art lui-même. Émergent alors des pratiques et des formes artistiques inédites : art d'intervention et art engagé de caractère activiste, art investissant l'espace urbain ou le paysage, esthétiques participatives ou actives dans les champs de l'économie, des médias, ou du spectacle. L'artiste devient un acteur social impliqué, souvent perturbateur. Quant à l'oeuvre d'art, elle adopte un tour résolument neuf, problématique, plus que jamais en relation avec le monde tel qu'il va. Elle en appelle à la mise en valeur de la réalité brute, au « contexte » justement. L'art devient contextuel. C'est de cette inflexion, caractéristique de l'art moderne puis contemporain, que nous entretient l'auteur en livrant la première synthèse sur le sujet. Il privilégie les exemples concrets mais aussi les questions que ces pratiques ne manquent pas de soulever.

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  • Qui est à ce jour l'artiste, et comment travaille-t-il ? Que fait la critique d'art, et de quelle façon ?
    Qu'est-ce qu'une exposition, une collection ? Quels sont les territoires de l'art, ses « champs », son ou ses peuples, ses appareils, son futur ? Comment le pouvoir de décision se distribue-t-il ?
    L'art contemporain se porte bien. On ne serait pourtant pas mécontent qu'il mène sa barque autrement. La bonne norme serait que l'artiste ait le pouvoir, et non d'abord ceux qui gravitent autour de lui. L'artiste contemporain n'a que des amis : critiques d'art, commissaires d'exposition, marchands, collectionneurs - tout ce beau monde le requiert, effi cace et conciliant. Chacun de ces acteurs, dans le « système » de l'art, a sa place. Certains orientent le goût quand d'autres le construisent, le consacrent, le monnayent ou le confi squent à leur profi t. Faut-il le rappeler : la création artistique n'est en rien un « pour soi ». Le simple fait qu'elle s'offre au regard d'autrui la défi nit d'offi ce comme une pratique publique.
    Quel constat la période récente impose-t-elle ? Ceux qui gravitent autour de la création artistique ont sans doute pris trop d'ascendant sur celle-ci. Et acquis à la fi n trop de pouvoir, à commencer par la détention de l'espace critique (revues, médias), de l'espace d'exposition (lieux d'art contemporain, biennales), de l'espace institutionnel (aide à la création, résidences d'artistes, commande publique), de l'espace matériel enfi n (galeries, collectionneurs).
    L'artiste n'est plus le seul à avancer ses options, sa matière grise et son offre plastique. Le voici devenu non plus un décideur mais un outil. L'âge moderne, celui des manifestes, de l'arrogance intellectuelle, des experts omniscients, a fait son temps. Faire valoir un point de vue, dans notre moment postmoderne, consiste plus utilement à avancer des hypothèses. L'heure est aux vérités, au pluriel.
    Heureux les créateurs ? L'art contemporain irradie mais la mariée pourrait bien être trop belle, et quelque peu perverse.

  • Voici dix ans, Paul Ardenne livrait avec Art, l'âge contemporain une synthèse qui fit date, présentant dans toute sa richesse et sa complexité la création plastique du dernier tiers du XXe siècle. Art, le présent est la suite de cette étude. L'auteur s'y consacre à l'examen des formes plastiques qui émergent autour de l'an 2000, une production artistique pro-fuse qu'il analyse en qualité de chercheur en esthétique mais aussi de témoin direct. L'affaiblissement des postures radicales et modernistes, et l'irruption conjointe de la postmodernité enregistrés par les trois dernières décennies ont pour effet une rapide mutation culturelle, tôt sensible dans le champ des arts plastiques. L'âge des avant-gardes, de façon définitive, est révolu, l'art échappe aux lois, aux dogmes, aux manifestes. Son sens, du coup, devient plus incertain, de même que ses méthodes, sa fonction sociale. Cette plus grande incertitude à cerner la définition de l'art et, partant, la fonction même de l'artiste aboutit à une crise de l'autorité du point de vue, avec son inévitable conséquence, une poétique débridée et interrogative, voire erratique. Nul domaine de la " vie " - esthétique, social, politique - sur lequel la création plastique ne vienne à présent mordre, en un mouvement d'ouverture totale et d'expansion indéfinie des formes. De cette nouvelle donne résultent une création en butte aux quêtes d'identité, confrontée notamment au problème générationnel, plus une autre, expérimentale, élastique et mutante, variant concepts, méthodes, styles et finalités. L'art adopte un aspect protéiforme, il offre une richesse plastique encore jamais connue. Cet essai en fait le tour, sans restriction, au risque assumé de la surabondance des entrées, dans une perspective archéologique plutôt que critique : dire l'art tel qu'il est, et non ce qu'on voudrait qu'il soit.

  • Cet essai a été rédigé à l'occasion de l'édition 2012 du Printemps de Septembre à Toulouse, festival de création contemporaine. Paul Ardenne en était le directeur artistique, avec ce thème général, « L'Histoire est à moi ! » L'auteur, historien de formation, interroge ici son rapport particulier au temps historique et le sens de sa passion pour l'Histoire. Le passé est nécessaire pour vivre au présent mais il est le passé, une perte. Sauf s'il est ressaisi comme une matière à incorporer, où se couler, dont extraire une forme de vie. Quand l'Histoire se fait sensation, incarnation, chair.
    Il n'est pas d'Histoire qui vaille sans l'élaboration d'un lien intime entre elle et nous, un lien qui est non plus seulement l'Histoire avec ses faits mais nous dans l'Histoire tout comme l'Histoire en nous, un mélange d'événements mais aussi d'affects, de fantasmes - une construction en vérité très personnelle.

  • > Disponible prochainement Notre époque est émotionnelle : elle aime les sensations fortes, les défis délirants, la violence.
    Ces excès en tous genres, elle se les représente volontiers sous une forme extrême, où l'accent est mis sur ce qui chavire nos s

  • Paul, enfant, forme le voeu d'être ornithologue. Son amour des oiseaux, sacralisés comme des figures supérieures, résulte d'une conviction : il est, lui aussi, un oiseau. À l'école, en famille à la campagne, plus tard étudiant en ville, sa vie se développe et s'organise en fonction de cette identité animale qui s'impose à lui : guetter l'apparition de ses premières plumes, se mélanger aux oiseaux, se reproduire comme se reproduisent les oiseaux, se construire un nid pour couver, échapper à ses prédateurs... Ceci, dans un environnement bientôt de plus en plus hostile : le monde des humains n'est pas celui des oiseaux.
    Comment je suis oiseau repose sur cette intemporelle obsession de l'âme humaine : se rêver en autre que soi. Une métamorphose est ici à l'oeuvre, vivre en oiseau, qui révèle cette vérité : on est aussi, au-delà du regret ou du sentiment de l'échec, ce qu'on n'a pu être.

  • Notre siècle a totalement transformé le statut de l'homme ; celui-ci est désormais un membre d'un ensemble qui le dépasse, et dont il ne peut s'échapper. il vit dans un monde où la technique prend de plus en plus d'importance, et où le politique s'impose sans possibilité d'écart ou de fuite. Ce monde est également celui des pires violences, de la barbarie généralisée. Hannah Arendt commence ici sa réflexion sur l'originalité radicale de notre époque. Elle pose les bases d'une réflexion qui permettra, peut-être, de se donner les moyens d'éviter les dérapages vers la violence aveugle, en comprenant en profondeur la dimension de "l'homme moderne". Un nouvel humanisme ?

  • L?imagination comme une puissance majeure de la nature humaine », il a ainsi ouvert de nouveaux espaces de méditation et de réflexion philosophiques dont s?inspirent encore de nombreux philosophes.

  • Ce livre de 1930, le plus important dans l'oeuvre de Balazs avec L'Homme visible, est l'une des premières grandes synthèses écrites par un homme qui n'a cessé de se passionner pour le cinéma expressionniste aussi bien que soviétique et toutes les expériences de l'avant-garde. Ses écrits sur le cinéma ne sont pas seulement l'une des premières approches rigoureuses et systématiques d'un art dont beaucoup contestaient l'importance, mais ils sont aussi un pont jeté entre l'avant-garde allemande et soviétique, le cinéma communiste, et les expériences de Buñuel.

  • Rédigé et publié en 1936, « Le raconteur » est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans celle du raconteur, colporteur de récits, mais aussi d'expériences et de sagesses, le juste reconnaît sa propre passion pour « l'aspect épique de la vérité ».

  • Le septième homme

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    Quand Jean Mohr et moi-même travaillions à ce livre, Le septième homme, notre objectif premier était de montrer comment l'économie des nations riches d'Europe s'était mise, au cours des années soixante, à dépendre du travail de plusieurs nations plus pauvres. L'objet du livre, tel que nous le concevions, était avant tout politique. Nous espérions lancer un débat et encourager, entre autres choses, la solidarité internationale de la classe ouvrière. Nous ne nous attendions pas à ce qui s'est passé après la publication du livre. La presse l'a presque complètement ignoré. Certains critiques ont dénoncé son manque de substance : il ne s'agissait, selon eux, que d'un pamphlet oscillant entre la sociologie, l'économie, le reportage, la philosophie et d'obscures tentatives poétiques, bref de quelque chose de vraiment pas sérieux. Au sud, la réaction a été tout autre. Le livre a été progressivement traduit en turc, en grec, en arabe, en portugais, en espagnol et en punjabi. Dans ces divers lieux, le livre parlait aux lecteurs comme un ami intime. Ce n'était plus un traité de sociologie (ni même de politique au premier degré) mais, plutôt, un petit livre composé de vies réelles, d'une série de moments vécus - comme on en trouve dans un album de photos de famille. John Berger

  • Des arbres à abattre

    Thomas Bernhard

    Une irritation traduit de l'allemand par bernard kreiss forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : tel est le cri du coeur (et le cri de guerre) que ne peut s'empêcher de pousser le comédien du burgtheater au cours du dîner artistique donné en son honneur, à l'issue de la première du canard sauvage, par les époux auersberger, représentants on ne peut plus typiques de cette société artistique viennoise que l'auteur-narrateur abhorre et avec laquelle il se flatte d'avoir rompu une bonne fois pour toutes quelque trente ans auparavant.
    Forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre : parole emblématique opposant à une réalité monstrueusement tangible de l'artifice social le rêve d'un état naturel révolu (et peut-être à réinventer), mais aussi formule magique susceptible de calmer la formidable irritation qui gagne le narrateur au contact renouvelé de cette épouvantable société artistique viennoise qu'il s'était juré de fuir à jamais et à laquelle il est bien forcé de constater qu'il n'a pas cessé d'appartenir.

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