Germaine Krull

du 02 juin au 27 septembre 2015 Paris Germaine Krull (1897-1985) est une des photographes les plus connues de l’histoire de la photographie, pour sa participation aux avant-gardes des années 1920-1940, et l’une des femmes-photographes les plus célèbres. La publication de son portfolio Métal en 1928, sa présence à l’exposition « Film und Foto » en 1929 sont les événements le plus souvent rappelés, qui l’inscrivent de fait comme l’une des égéries de la «modernité» photographique. En savoir plus
  • Et ce fut dans ce petit bar du port que le haschich se mit à produire son enchantement intime, au fond canonique, avec une précision primitive, comme je ne l'avais peut-être jamais ressenti auparavant. Car il me rendait physionomiste, à tout le moins observateur de physionomies et il m'advenait quelque chose de tout à fait unique dans mon expérience : je fus littéralement fasciné par ces visages qui m'entouraient et qui pour la plupart étaient remarquablement farouches ou laids. Des ?gures que d'ordinaire j'aurais évitées pour plus d'une raison : je n'aurais ni désiré attirer sur moi leur attention ni pu supporter leur bestialité.

    Si Marseille est la ville où Walter Benjamin vécut ses dernières semaines durant l'été 1940 avant sa mort tragique, elle est également, dès 1928 le champ d'expériences nouvelles. Expériences olfactives et chromatiques, dont celle qu'il relate ici, au gré de ses déambulations sur le vieux port, le cours Belsunce et la Canebière pris par l'ivresse du haschich.

  • Catalogue officiel de l'exposition « Germaine Krull » au musée du Jeu de Paume du 2 juin au 27 septembre 2015, puis au Martin Gropius Bau à Berlin du 8 octobre 2015 au 10 janvier 2016.

    Le livre en quelques mots.

    Catalogue officiel de l'exposition « Germaine Krull » au musée du Jeu de Paume du 2 juin au 27 septembre 2015, puis au Martin Gropius Bau à Berlin du 8 octobre 2015 au 10 janvier 2016.

  • Voici publiée pour la première fois, à l'occasion de la rétrospective que lui consacre le musée du Jeu de Paume à Paris du 2 juin au 27 septembre 2015, l'autobiographie de Germaine Krull, une des pionnières de la photographie d'avant-garde. Amie de Man Ray, amante d'Eli Lotar, épouse de Joris Ivens, amie d'Eisenstein, correspondante de Benjamin, responsable du service de la propagande de la France libre à Brazzaville, gérante d'un hôtel à Bangkok, Krull a traversé le siècle et connu mille vies.

  • " je veux montrer comment baudelaire est enchâssé rigoureusement dans le xixe siècle ", écrit walter benjamin à gershom scholem.
    Dans cette lecture très novatrice, qui se situe aussi bien à l'écart de la critique littéraire que d'une analyse sociologique, il ne s'agit pas de décrypter dans les thèmes baudelairiens les bouleversements économiques et sociaux mais, par un effet de miroir, d'éclairer les uns par les autres. le développement d'une société industrielle de masse, l'avènement d'un prolétariat, l'expérience de la foule dans la grande ville, celle du choc, la marchandise, la " perte d'auréole " du poète : autant de situations exemplaires à partir desquelles baudelaire - le premier à avoir appréhendé la force productive de l'homme réifié -, ici rapproché de blanqui et de nietzsche, invente, selon benjamin, un héroïsme moderne.

  • Les textes que regroupe ce volume sont tantôt des protocoles d'expériences scientifiques menées avec des amis, dont ernst bloch, tantôt des comptes rendus d'ivresse solitaire.
    Ils forment l'ébauche d'un livre sur le haschich qui ne vit pas le jour. la curiosité de benjamin, une référence probable à baudelaire, des motifs personnels mais surtout l'extension kaléidoscopique de la conscience (" avec le haschich, nous sommes des êtres de prose de la plus grande puissance "), tous ces motifs convergent dans l'expérience commencée en 1927 et poursuivie surtout dans les années 1930-1931, dont benjamin dit qu'elle a comporté une " félicité rythmique " semblable à celle de dévider un écheveau savamment embrouillé : félicité dans laquelle réside " le bonheur de toute productivité ".

  • Ces articles inédits ont paru majoritairement dans Les Nouvelles littéraires, Marianne et Vendredi.
    Journaliste, Bost s'intéresse à tous les aspects de la littérature, aux écrits comme à tout ce qui constitue le monde littéraire. Il discute aussi bien des relations entre l'auteur et son éditeur que des prix littéraires, souligne le devoir des descendants envers l'oeuvre des grands écrivains ou commente les intrigues. Il salue l'intérêt du roman policier tout en le replaçant dans la hiérarchie des genres, se désole qu'il n'y ait pas en France de véritable tradition de littérature enfantine, repère les failles du discours des tenants du «roman populiste», qui occupe le devant de la scène littéraire au tournant des années 1930...
    Les articles réunis dans Flots d'encre et flots de miel font voir la diversité d'approche (analyse, panorama, anecdote, etc.) et des sujets traités, lesquels entrent bien souvent en résonance avec notre temps.
    C'est tout particulièrement le cas du texte qui donne son titre au recueil dans lequel Bost s'interroge sur la crise du livre découlant du fossé qui ne cesse de se creuser entre l'écrivain et son public. Les gens ne lisent plus, ou plutôt lire, remarque Bost, «n'est plus qu'un exercice de l'oeil», comme en témoigne l'apport toujours plus envahissant du visuel dans l'imprimé, sans compter que le lecteur fait désormais autre chose tout en lisant. Bost se trouve à esquisser en quelques traits un aspect de la crise de civilisation des sociétés industrielles, qui depuis n'a fait que s'aggraver.
    Ses chroniques littéraires offrent non seulement le point de vue pénétrant d'un lecteur curieux des lettres de son époque, mais contribuent à mieux situer le romancier et son travail d'écriture.

  • Faillite

    Pierre Bost

    Roman particulièrement émouvant, Faillite est ce que Bost appelle un «vrai livre», qui appartient au registre du «grave».
    Le personnage central de Brugnon est un homme d'âge mûr qui est une sorte d'homme pressé, l'homme de son siècle. «Siècle des moteurs, siècle des machines, de l'effort brutal mais trompeur, brillant mais vain...» En plein contrôle de sa vie, il ne saurait concevoir qu'un jour il puisse perdre pied.
    C'est pourtant ce qui lui arrive.
    «Un mauvais dieu nous guette tous...»: tel est le slogan publicitaire qui accompagne Faillite lors de sa sortie. Bost cherche la fêlure, le moment de la cassure, qui précède la chute.
    Le choix de ce qu'on pourrait appeler une écriture de la maturité fait corps avec Brugnon. Elle confère au texte une valeur objective, à laquelle contribuent la vérité des dialogues et la finesse de l'analyse psychologique, jamais trop appuyée.
    D'une remarquable densité dans la concision, le réalisme de Bost est implacable, comme Brugnon, entier dans sa passion, est désemparé.
    Entre les deux, sans dosage excessif, bien calibrée, loge une émotion qui est toute la vérité.
    C'est ce qu'on appelle du grand art.

  • L'hotel du nord

    Eugene Dabit

    Emile et louise lecouvreur font l'acquisition de l'hôtel du nord, par l'intermédiaire de mercier, marchand de fonds.
    Au comptoir : philippe goutay et sa femme. parmi les locataires : renée, qui est aussi la bonne de l'hôtel, et son amant, l'ouvrier pierre trimault, qui prend la poudre d'escampette en apprenant qu'il va être père. des habitués, déjà : les joueurs de cartes, le père louis et marius pluche ; julot, l'éclusier du canal saint-martin. des gens de passage... des histoires...
    Eugène dabit nous conte ici la vie et la mort du petit hôtel du quai de jemmapes, encore debout aujourd'hui, et qui a inspiré à marcel carné l'inoubliable hôtel du nord, avec arletty, louis jouvet, bernard blier...
    Atmosphère ! atmosphère !...

  • Faubourgs de paris

    Eugène Dabit

    " je suis né à paris.
    Aussi loin que je remonte dans mon passé, je retrouve l'image de maisons charbonneuses. des rues froides, des boulevards bruyants mais sans gaieté . boulevard barbès, passait en soufflant le tramway à vapeur saint-ouen-bastille. pour gagner le rue de suez, je suivais la rue de panama oú ma tante marie, comme maman, était concierge. puis nous nous installâmes aux grandes-carrières. ensuite je vécus au hameau des bois.
    Plus tard, à montlhéry. quand je suis libre, je me promène à la campagne, je vais à marcoussis. " déroulant le fil de son enfance et de sa jeunesse, depuis les années précédant la grande guerre, eugène dabit nous fait visiter les faubourgs de paris, du temps des artisans et des marchands de lacets place des fêtes.

  • Dans les milliers de pages où se déploie la réflexion théorique et esthétique du réalisateur russe S. M. Eisenstein, l'analyse d'oeuvres d'art et de littérature - venant de tous horizons et de toutes époques - occupe une place centrale. L'auteur du Cuirassé Potemkine et d'Ivan le Terrible (deux des sept films qu'il acheva, laissant nombre de projets inaboutis et de films inachevés) commença par être décorateur et metteur en scène de théâtre tout en s'adonnant à une intense activité graphique, et il contribua, au-delà du cinéma, à édifier une esthétique générale qu'il envisageait au croisement de la sémiologie et de l'anthropologie. Son enseignement en était nourri, comme les manifestes et les articles qu'il signa ; mais son ambition dépassait manifestement ces destinations immédiates pour viser à une compréhension de la place et du fonctionnement des images dans la culture contemporaine.
    De cette oeuvre théorique restée en grande partie inédite à la mort du cinéaste, nous avons choisi de présenter ici un ensemble cohérent de textes qui, de la peinture du Greco aux multiples « Tour Eiffel » de Delaunay, des fresques d'Orozco aux estampes d'Outamaro, de la sculpture du Bernin à celle de Rodin et Tatline, de l'architecture du Parthénon à celle de Le Corbusier, de Delacroix, Géricault à Bourliouk, de Sérov à Picasso, définissent une méthodologie de l'analyse de l'oeuvre d'art utilisant le cinéma comme « patron » et, inversement, confrontant celui-ci à une « cinématographie sans cinéma » qui souvent le dépasse. Cette démarche permet en fin de compte de placer le spectateur (un corps en mouvement au regard mobile) au centre de l'analyse, au détriment d'une approche interne de l'oeuvre d'art.

  • Cette réflexion sur la part énigmatique de toute photographie s'élabore autour d'une collecte d'images délaissées parce qu'elles sont le fait d'anonymes, d'inconnus, d'amateurs, d'auteurs non proclamés ou non célébrés, traversant tout le champ historique de la photographie. Echappant à la muséification et à la classification, glanées avant tout pour leur capacité d'étonnement, elles n'en sont pas moins généreuses, émouvantes et peut-être plus « photographiques » que d'autres.
    Parce qu'elles nous sont si familières, les images photographiques passent a priori pour immédiatement intelligibles et uniformément lisibles pour tous. Or, chacun a éprouvé qu'au tout premier abord, elles provoquent une interrogation plutôt qu'une évidence. Une photographie n'est pas d'abord une transparence, elle suscite au contraire l'équivoque et la perplexité.
    Toute photographie fait énigme, pour le regard.
    Et cette énigme ne procède pas d'un effet, d'un style ou d'un talent, mais elle est constitutive du fait photographique en soi, elle résulte des capacités exceptionnelles du procédé. L'image photographique témoigne de la distance entre les sens humains (la vision naturelle) et la captation photosensible d'un appareil, elle signe la rupture entre la perception visuelle directe et l'action photographique. Comme si l'appareil avait plus d'acuité que l'oeil du photographe. Il s'agit alors d'activer le regard, de parcourir la surface de l'image avec insistance, de détecter ce qui s'est inscrit, parfois à l'insu de l'opérateur, ou au-delà de son consentement.
    L'exposition dont cet ouvrage est le catalogue a pour objet d'explorer cette relation discordante entre les sens et l'enregistrement photographique, et de caractériser les débordements des sens, puisque les photographies sélectionnées vont au delà de l'attente commune. Il n'est pas question ici de bizarreries esthétiques gratuites, mais de photographies qui engagent et maintiennent une interrogation, une exigence de lecture. Des photographies sélectionnées pour leur pouvoir d'évocation, et non pour leur statut culturel ou historique ; des photographies qui n'ont jusqu'alors figuré dans aucune publication ou exposition, mais qui ouvrent résolument sur l'étendue des possibles photographiques et sur ce qui nous échappe dans la reconnaissance du monde.
    Le parcours de l'exposition et du catalogue se déploie dans les diverses modalités de la saisie photographique, de la « prise de vue », des implications et des comportements du sujet photographié, et des initiatives et des choix du photographe, tous constitutifs d'une part d'énigme et de débordement de l'image prévue.
    On aborde successivement - la présence et la disposition des choses, saisies telles quelles - les formes engendrées par le processus photographique - l'univers perceptif et relationnel proposé par la photographie - les artefacts, altérations ou falsifications para-photographiques L'exposition est une co-production de la Maison européenne de la photographie, Paris, et du musée Nicéphore Niépce de Chalon sur Saône.

  • Kertész

    ,

    • Hazan
    • 29 September 2010

    André Kertész (1894-1985) est de ces photographes qui ont forgé la modernité photographique au sein des avant-gardes européennes des années 1920. Il eut une influence sur le développement de la photographie au milieu du siècle, tout en gardant toute sa vie une indépendance et une singularité d'élaboration d'une « poésie photographique » qui fait de lui presque un marginal. Ses photographies ne sont pas des constats événementiels, mais des notations personnelles, comme des états d'âme projetés autour de lui. L'exposition du Jeu de Paume, qui sera accueillie dans plusieurs musées européens (Winterthur, Berlin, Budapest) est la première rétrospective de son oeuvre. Elle sera constituée de nombre de tirages « vintages », en tout cas tous établis sous le contrôle du photographe. Le catalogue rendra compte de cet exceptionnel rassemblement d'oeuvres et de leur qualité visuelle par les choix de la maquette et de l'impression. Le parcours du livre, organisé en premier lieu par la succession des trois périodes de la carrière de Kertész (Budapest 1914-1925 ; Paris 1925-1936 ; New-York 1936-1985), met également à l'honneur le métier de photographe (la participation à l'invention du reportage photographique en 1928) et la place des médias reproduisant des photographies (le magazine VU notamment). Deux particularités de la production de Kertész font l'objet d'un traitement particulier, les distorsions (1932) et les polaroïds (1979-1984). Chacune des parties fait l'objet d'une présentation récurrente associant un texte d'analyse historique illustré, un port folio des oeuvres, et des cahiers abordant successivement des points particuliers de l'esthétique et de la pratique de Kertész.

  • Nourris d'une iconographie passionnante qui traverse siècles et continents, les travaux de Thierry Gervais et Gaëlle Morel s'appuient sur l'accès à des collections publiques et privées qui leur ont permis d'analyser des milliers de magazines dans leur forme originale. Ils décodent ici les stratégies de séduction, les discours de légitimation, la diversité des lignes éditoriales selon les supports, et les conditions de production des photos de presse qui ont abouti à la construction d'une mémoire visuelle collective.
    La chronologie de cet ouvrage commence à la fin du xixe siècle avec la création des premiers magazines illustrés de photographies et se termine avec l'usage des iPhones par des grands quotidiens du xxie siècle.

  • Berlin, Paris, Marseille, Nice et l'Italie : non dans leurs monuments grandioses, leurs décors obligés, leurs vues pour touristes, mais dans leurs recoins oubliés, leurs périphéries, leurs espaces ouverts, mêlés : rues, cafés, baraques foraines, cirques, passages désuets où s'expose une marchandise bariolée, le bric-à-brac merveilleux d'un univers énigmatique et fragmentaire. C'est à cette flânerie dans une Europe secrète des années trente qu'invite Siegfried Kracauer dans cet ouvrage unique - à la lisière de l'essai, du récit, de la description poétique et de l'enquête sociologique ou policière. «La valeur d'une ville se mesure au nombre de lieux qu'elle réserve à l'improvisation», conclut ce styliste singulier, le premier à incarner cette figure de promeneur qui fut ensuite celle, emblématique, de Walter Benjamin.

  • Pierre Mac Orlan, l'auteur du célèbre Quai des brumes, est, sans conteste, au XXe siècle, l'écrivain français qui a consacré le plus de pages à la photographie.
    Or si l'on en croit les histoires de la photographie, il n'existerait pas en France, pour la période de l'entre-deux guerres, de grande figure intellectuelle qui ait contribué à la reconnaissance esthétique de la photographie, comme ont pu le faire László Moholy-Nagy ou Walter Benjamin en Allemagne. Dans les années 1920 et 1930, Mac Orlan a pourtant écrit près d'une vingtaine de textes sur la photographie : articles, recensions de publications, préfaces. Tout ce que le Paris de cette époque compte de photographes importants éveille alors sa curiosité : Eugène Atget, Brassaï, Man Ray, Claude Cahun, Germaine Krull, André Kestész... Il faut ajouter à cela les quelques textes écrits après-guerre sur Willy Ronis, Pierre Jahan ou Marcel Bovis.
    Ces écrits ne sont pas connus des spécialistes et a fortiori du grand public, parce qu'ils n'ont, à ce jour, jamais été réunis. Clément Chéroux les exhume de leur gangue d'oubli et rappelle le rôle critique fondamental que Pierre Mac Orlan a joué : dès la fin des années 1920, il propose un concept novateur, le " fantastique social ", qui offre le chaînon manquant entre un surréalisme à la française et l'expressionnisme allemand et permet de comprendre admirablement ce qui est en jeu dans les recherches photographiques de l'époque Outre l'anthologie illustrée par les plus grands photographes de l'époque, l'ouvrage se compose d'un essai de Clément Chéroux et des photos prises par Pierre Mac Orlan lui-même.

  • Ce petit manuel est destiné à ne tromper personne. En le lisant, un jeune homme, un peu mou, sans vocation précise, peut devenir un aventurier de bon ton, sans se compromettre, ce qui n'est pas plus sot que de gémir en prison pour avoir trop présumé de l'élasticité des lois en matière commerciale.

    Partant du principe que l'aventure n'existe que dans l'esprit de celui qui la poursuit, Mac Orlan invente dans ce petit bréviaire, écrit en 1920, un moyen unique de parer aux inévitables dangers et déceptions qui menacent les nostalgiques d'horizons lointains.

  • Rues secrètes

    Orlan Mac

    Avec Rues secrètes, Pierre Mac Orlan nous entraîne dans les quartiers chauds du pourtour méditerranéen, notamment en Afrique du Nord à la fin des années 1920. Le grand écrivain sait rendre extrêmement vivant ce milieu qu'il a fréquenté et qu'il connaît bien, et son regard, à la fois tendre et lucide sur la population des prostituées et des souteneurs, relayé par un style inimitable, fait de cette quasi-enquête une oeuvre dont les accents de vérité retentissent longtemps après qu'on a refermé le livre.

  • Spécialiste des bas-fonds, de la pègre, de la Légion étrangère et autres figures d'aventuriers, Pierre Mac Orlan était aussi profondément épris de son époque, qu'il voyait non sans quelque inquiétude se transformer - nous sommes dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale - et dont il tenait à nous livrer les derniers flamboiements avant extinction. Les Chroniques de la fin d'un monde se présentent comme un tableau littéraire des provinces françaises, avec leurs paysages et, surtout, avec la singularité des hommes qui les peuplent. Au gré des chapitres pétillant d'humour et d'érudition, où le romantisme est associé aux quatre points cardinaux, les provinces françaises défilent en touches saisonnières - souvenirs de voyages, retour aux lieux de l'enfance, navigation sur des mers imaginaires - ravivant, avant les cataclysmes, tous les enchantements d'une époque.

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