Taryn Simon

Vues arrière, nébuleuse stellaire et le bureau de la propagande extérieure du 24 février au 17 mai 2015 Paris Taryn Simon (née à New York en 1975) vit et travaille à New York. Depuis une dizaine d’années, l’artiste élabore une œuvre ambitieuse autour de questions culturelles et politiques aussi diverses que la justice, la sécurité, la religion, la recherche scientifique, la médecine, la défense ou encore l’économie. Elle sonde les travers de chaque discipline pour mieux briser l’illusion d’une image objective, d’une réalité capturée sur le vif. En savoir plus
  • Ce livre d'après-guerre répond pied à pied, pas à pas, aux déambulations de l'écrivain Peter Handke chez les Serbes et à ses divagations dans la guerre de Bosnie (1992-1995) - que rapporte notamment, un Voyage hivernal tissé de nuit, de brouillard et de neige, dont la publication suscita une vive polémique en Europe.
    On y trouvera, en outre, une relation sur les tremblements de terre de Lisbonne (le 1er novembre 1755), d'Annecy (le 15 juillet 1996) et des Balkans... Ainsi que d'autres considérations salutaires sur l'autorité et sa trahison ; sur le " président " Karadzic, le général Mladic et leurs agents littéraires en France ; sur l'éradication des " Turcs " et l'usage de la barbarie ; sur la Force de stabilisation dont le mandat devait s'achever en juin 1998 ; sur la pluviosité à Genève, les inondations en Chine et la visite du pape en Bosnie ; sur la question allemande ; sur Voltaire et Rousseau, la Saint-Barthélemy, le cri du sang innocent ; sur mon jardin et mon belvédère à l'étranger ; sur notre voyage à Mostar, Tuzla, Zenica et Sarajevo dix-huit mois après les accords de Dayton ; sur l'événement du poétique et les charniers de Srebrenica - où les enquêteurs du TPI plantaient de petits drapeaux signalant les ossements retrouvés, comme s'il fallait mettre les cadavres en italique.

  • Parmi les artistes de sa génération utilisant la photographie, Taryn Simon est une des plus reconnues internationalement. Conçu en étroite collaboration avec elle, ce livre rétrospectif, accompagnée d'une importante exposition au Jeu de Paume, constituera en France un événement.
    Taryn Simon mêle la photographie et le texte dans des oeuvres au graphisme épuré. Elles montrent le monde globalisé actuel mais aussi la connaissance partielle que nous avons, sous la forme d'inventaires d'individus, d'objets et de lieux. De la recension de saisies faites par les douanes américaines à une enquête sur différentes lignées familiales à travers le monde, chaque série décrit avec une sobriété extrême des situations surprenantes.

  • Dans cet ouvrage, l'artiste Taryn Simon joue le rôle de James Bond l'ornithologue (1900-1989), dont le nom inspira Ian Fleming pour son héros, qui inspire à son tour la photographe dans son travail. En effet, elle identifie et photographie tous les oiseaux qui apparaissent dans les vingt-quatre films de la série d'espionnage. Le résultat nous propose une classification qui n'est pas sans ressembler à celle des recherches de James Bond.

  • Taryn Simon est aujourd?hui l?une des jeunes photographes les plus recherchées par les musées internationaux et les mieux cotées sur le marché de l'art. Cette américaine mène depuis des années des projets complexes qui demandent des trésors de diplomatie et des mois d?enquête. Dans Birds of the West Indies, elle s'intéresse au concept « James Bond » en répertoriant les ingrédients - femmes, véhicules et gadgets - qui font la recette à succès des films de 007.

  • La démarche de Taryn Simon porte de façon systématique sur le pouvoir des photos mises en regard de leur utilisation. Publié pour la première fois en 2007, The American Index of the Hidden and Unfamiliar présente des images narratives qui parlent alternativement de sécurité, de sciences, de politique gouvernementale, de problèmes éthiques mais aussi des mass médias.

  • Nouvelle édition de cet inventaire photographique réalisé par Taryn Simon. Pendant cinq jours et en 1075 photos, elle répertorie de façon objective et distanciée les articles saisis par la douane de l'aéroport new-yorkais John F. Kennedy.

  • De la documentation à la création : un ensemble d'essais de diverses personnalités (théoriciens et historiens d'art, artistes, mais aussi restaurateurs, archivistes, documentalistes et commissaires) et d'entretiens autour des questions de la documentation dans les pratiques (et les études) artistiques contemporaines.

  • Salué aussi bien par Edward Said que par Toni Morrison ou J. M. Coetzee, Homi K. Bhabha est l'un des théoriciens les plus importants et les plus influents du postcolonialisme. S'appuyant sur la littérature, la philosophie, la psychanalyse et l'histoire, il invite notamment à repenser les questions très actuelles d'identité et d'appartenance nationales ; à dépasser, grâce au concept très fécond d'hybridité culturelle, la vision d'un monde dominé par l'opposition entre soi et l'autre ; à saisir comment, par le biais de l'imitation et de l'ambivalence, les colonisés introduisent chez leurs colonisateurs un sentiment d'angoisse qui les affaiblit considérablement ; ou encore, plus largement, à comprendre les liens qui existent entre colonialisme et globalisation.

  • Le concept de trace est si général que je ne lui vois pas de limite, en vérité. Pour dire les choses très vite, il y a très longtemps, j'avais essayé d'élaborer un concept de trace qui fût justement sans limite, c'est-à-dire bien au-delà de ce qu'on appelle l'écriture ou l'inscription sur un support connu. Pour moi, il y a trace dès qu'il y a expérience, c'està- dire renvoi à de l'autre, différance, renvoi à autre chose, etc. Donc partout où il y a de l'expérience, il y a de la trace, et il n'y a pas d'expérience sans trace. Donc tout est trace, non seulement ce que j'écris sur le papier ou ce que j'enregistre dans une machine, mais quand je fais ça, tel geste, il y a de la trace. Il y a du sillage, de la rétention, de la protention et donc du rapport à de l'autre, à l'autre, ou à un autre moment, un autre lieu, du renvoi à l'autre, il y a de la trace. Le concept de trace, je le dis d'un mot parce que ça demanderait de longs développements, n'a pas de limite, il est coextensif à l'expérience du vivant en général. Non seulement du vivant humain, mais du vivant en général. Les animaux tracent, tout vivant trace. Sur ce fond général et sans limite, ce qu'on appelle l'archive, si ce mot doit avoir un sens dé limitable, strict, suppose naturellement de la trace, il n'y a pas d'archive sans trace, mais toute trace n'est pas une archive dans la mesure où l'archive suppose non seulement une trace, mais que la trace soit appropriée, contrôlée, organisée, politiquement sous contrôle. Il n'y a pas d'archives sans un pouvoir de capitalisation ou de monopole, de quasi-monopole, de rassemblement de traces statutaires et reconnues comme traces. Autrement dit, il n'y a pas d'archives sans pouvoir politique.

  • À quiconque s'interroge sur le rôle des images dans notre connaissance de l'histoire, l'atlas Mnémosyne apparaît comme une oeuvre-phare, un véritable moment de rupture épistémologique. Composé - mais constamment démonté, remonté - par Aby Warburg entre 1924 et 1929, il ouvre un nouveau chapitre dans ce qu'on pourrait nommer, à la manière de Michel Foucault, une archéologie du savoir visuel. C'est une enquête " archéologique ", en effet, qu'il aura fallu mener pour comprendre la richesse inépuisable de cet atlas d'images qui nous fait voyager de Babylone au XXe siècle, de l'Orient à l'Occident, des astra les plus lointains (constellations d'idées) aux monstra les plus proches (pulsions viscérales), des beautés de l'art aux horreurs de l'histoire.

    Ce livre raconte, par un montage de " gros plans " plutôt que par un récit continu, les métamorphoses d'Atlas - ce titan condamné par les dieux de l'Olympe à ployer indéfiniment sous le poids du monde - en atlas, cette forme visuelle et synoptique de connaissance dont nous comprenons mieux, aujourd'hui, depuis Gerhard Richter ou Jean-Luc Godard, l'irremplaçable fécondité. On a donc tenté de restituer la pensée visuelle propre à Mnémosyne : entre sa première planche, consacrée à l'antique divination dans les viscères, et sa dernière, hantée par la montée du fascisme et de l'antisémitisme dans l'Europe de 1929. Entre les deux, nous aurons croisé les Disparates selon Goya et les " affinités électives " selon Goethe, le " gai savoir " selon Nietzsche et l'inquiétude chantée dans les Lieder de Schubert, l'image selon Walter Benjamin et les images d'August Sander, la " crise des sciences européennes " selon Husserl et le " regard embrassant " selon Wittgenstein. Sans compter les paradoxes de l'érudition et de l'imagination chers à Jorge Luis Borges.
    Oeuvre considérable de voir et de savoir, le projet de Mnémosyne trouve également sa source dans une réponse d'Aby Warburg aux destructions de la Grande Guerre. Non content de recueillir les Disparates du monde visible, il s'apparente donc à un recueil de Désastres où nous trouvons, aujourd'hui encore, matière à repenser - à remonter, poétiquement et politiquement - la folie de notre histoire.

    Georges Didi-Huberman est né en 1953 à Saint-Etienne. Historien de l'art et philosophe, il enseigne à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.

  • Vertige de la liste

    Umberto Eco

    Après Robert Badinter, Toni Morrison, Anselm Kiefer et Pierre Boulez, Umberto Eco est le Grand Invité du musée du Louvre en novembre 2009.

    Accumulation, énumération, litanie, inventaire, recensement, nomenclature, catalogue, collection, répertoire... l'histoire de la littérature et l'histoire de l'art sont pleines de collections d'objets, signes que l'on ne peut ni tout dire ni tout représenter et qu'un langage est à inventer pour « écrire des silences, des nuits, noter l'inexprimable, fixer des vertiges » (Rimbaud, « Alchimie du Verbe »).

    En rassemblant toute sorte de listes, chaotiques, maladroites, désordonnées, Umberto Eco nous fait découvrir une langue sans issue immédiate et sans but évident qui fournit, malgré les apparences, une somme de connaissances sur l'histoire des civilisations. Ainsi dans l'Iliade, où la liste des guerriers pour Troie, des armes, des navires, de leurs gréements et des armées partant pour la guerre donne une vision précise de la société achéenne.

    Des parallèles iconographiques originaux avec des artistes connus (Carpaccio, Ucello, Brueghel, Warhol...) ou moins souvent représentés (Hendrick de Clerck, Pellizza da Volpedo, Stephan Lochner, Roman Opalka...), accompagnent une anthologie littéraire de 75 textes (Dante, Whitman, Kilpling, Calvino, Pérec, Rimbaud...) Les 21 chapitres sont introduits par les essais d'Umberto Eco.

  • Le goût de l'archive

    Arlette Farge

    • Points
    • 17 January 1997

    Ce livre, qui puise son information dans les manuscrits du xviiième siècle, raconte le métier d'une historienne habitée par la passion des archives.
    Evidentes autant qu'énigmatiques, on peut tout faire dire aux archives, tout et le contraire, puisqu'elles parlent du réel sans jamais le décrire. le travail d'historien s'impose donc ici dans toute sa rigueur.
    Dans ce livre, salué par les historiens comme un ouvrage classique, arlette farge propose une réflexion sur l'écriture de l'histoire à partir des mots retrouvés dans les archives de police. de manière personnelle et ironique, elle fait le " récit " de l'univers des bibliothéques, invitant le lecteur à la suivre dans son plaisir " d'aller aux archives ".

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  • On trouvera, réunis en deux volumes de la collection " Bouquins ", les récits par Ian Flemming des dix-huit missions de James Bond, missions dont le bilan a permis au Times d'écrire sobrement, dans une notice nécrologique (prématurée) : " Il n'y a pas d'exagération à proclamer sans équivoque que grâce aux efforts valeureux de ce seul homme, la sécurité du royaume s'est trouvée considérablement consolidée. " Le premier volume contient : Casino Royal ; Vivre et laisser mourir ; Entourloupe dans l'azimut ; Les Diamants sont éternels ; Les Contrebandiers du diamant ; Bons Baisers de Russie ; Docteur No.

    Le second volume contient : Goldfinger ; Bons Baisers de Paris ; Opération Tonnerre ; Motel 007 ou L'Espion qui m'aimait ; On ne vit que deux fois ; L'Homme au pistolet d'or ; Meilleurs voeux de la Jamaïque.

  • Une collection unique, souvent imitée, jamais égalée, qui explore tous les champs du savoir et de la littérature et qui est devenue, en moins de trois décennies, la bibliothèque idéale de l'honnête homme de notre temps. Chez « Bouquins », nous publions aussi bien des dictionnaires d'histoire, de musique ou de littérature que des récits de voyage, des grands classiques de la littérature mondiale ou de l'art de vivre que des portraits de ville ou des textes sacrés. Ils ont été établis par les meilleurs spécialistes et font référence dès leur parution. « Bouquins » s'adresse à tous ceux qui ont la passion de lire et de découvrir, aussi bien à l'étudiant qu'au professeur ou à l'amateur de curiosités, bref à tous ceux qui croient encore qu'un bon livre reste l'un des plus merveilleux compagnons qui nous ait été donné depuis que Gutenberg, avec ses caractères de plomb et d'antimoine, ses moules en métal et ses poinçons, a permis aux textes, parfois tirés de la nuit de l'oubli, de rencontrer en Europe leurs lecteurs par milliers.


  • cette nouvelle est un des tout premiers textes oú apparaît lames bond, le héros fétiche de ian fleming, qui deviendra célèbre comme l'agent 007 des services secrets de sa majesté.
    l'action se passe en france en pleine " guerre froide ", aux alentours du shape et de l'otan, et bond va devoir affronter de redoutables tueurs venus de l'est.

  • Compte-rendu polémique des rapports incestueux qu'entretiennent la culture et le capitalisme contemporains, cet ouvrage s'intéresse plus particulièrement aux évolutions récentes du statut culturel du design et de l'architecture, ainsi que de l'art et de la critique, en occident.
    Avec l'avènement de l'économie post-fordiste, de ses produits ciblés et de ses marchés de niche, nous vivons dans un circuit sans fin de production et de consommation. dans ce nouvel ordre des choses, l'étalage ou l'exposition (display) joue un rôle essentiel, ainsi que le design et l'architecture. certaines des idées de la culture critique ont en revanche perdu de leur force et de leur substance.
    A tel point qu'on peut se demander si le " sujet construit " du postmodernisme n'est pas devenu le " sujet design " du consumérisme. et si le champ étendu de l'art de l'après-guerre ne s'est pas transformé en espace administré du design contemporain. s'attacher à montrer le lien entre les formes culturelles et discursives, d'une part, et les forces sociales et technologiques, de l'autre - et les périodiser afin de souligner les singularités d'ordre politique propres au monde d'aujourd'hui - est la principale ambition de ce livre.
    Mais au-delà des possibilités critiques du temps présent, c'est bien " une insatiable prédilection pour l'alternative ", qu'il s'agit de promouvoir.

  • Archéologie : mot dangereux puisqu'il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme. En fait, il s'agit pour Michel Foucault de décrire des discours. Non point des livres (dans leur rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l'économie politique, ou la biologie. Ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu'ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu'ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu'ils traversent tant d'oeuvres individuelles.
    Et là où l'histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée, apparaît alors, dans sa spécificité, le niveau des «choses dites» : leur condition d'apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. Le domaine des choses dites, c'est ce qu'on appelle l'archive ; l'archéologie est destinée à en faire l'analyse.

  • Les événements dramatiques ont toujours fasciné les photographes avides de moments clés, d'instants décisifs. Dans un monde saturé d'images, où photographes professionnels et amateurs enregistrent et diffusent désormais en temps réel des scènes de violence ou de drame dans le monde entier, nous ne sommes devenus que trop familiers avec les images de guerres et de catastrophes naturelles. Refusant cette immédiateté, des photographes ont choisi au contraire de prendre du recul par rapport à l'actualité dont se nourrissent les médias et de diriger leur regard sur ce qui se passe après. Grâce à leurs photographies, nous pouvons mieux mesurer la réelle étendue d'un drame, comprendre les séquelles, visibles et invisibles, laissées sur les personnes, les paysages et les villes. Leurs clichés incitent à la réflexion, suscitent l'empathie et font naître une prise de conscience, lente et profonde, à laquelle nulle image choc ne peut prétendre.
    Jours d'après présente les oeuvres de plus d'une trentaine de photographes contemporains majeurs, dont Robert Polidori, Suzanne Opton, Raphaël Dallaporta, Taryn Simon, Guillaume Herbaut, Guy Tillim et Pieter Hugo. Chaque série photographique, présentée de manière autonome, invite le lecteur à percevoir autrement certains événements survenus depuis plus d'un demi-siècle : l'Holocauste, Hiroshima, la dictature argentine, les massacres de Srebrenica, le génocide rwandais, la guerre en Irak, l'ouragan Katrina... en nous donnant à voir les cicatrices, physiques ou psychiques, qui marquent à jamais ceux qui restent. Chambres à coucher de jeunes soldats américains morts sur le front, murs de prisons autrefois témoins de tortures, visages fermés, énigmatiques de ceux qui ont connu la guerre, hommes et femmes ayant passé de nombreuses années en prison pour des crimes qu'ils n'ont pas commis, façades trompeusement paisibles d'immeubles parisiens derrière lesquelles des employées furent réduites à l'esclavage, voilà quelques-uns des sujets des photographies contemplatives, émouvantes et toujours pudiques regroupées dans le présent volume. En fin d'ouvrage, plusieurs chercheurs proposent des textes qui nous aident à mieux comprendre les problématiques soulevées par ces images, qu'il s'agisse des réactions cognitives face à une photographie, du phénomène de l'empathie ou encore du processus de stigmatisation. En montrant comment la photographie contemporaine interroge notre monde et participe à sa meilleure compréhension, Jours d'après constitue paradoxalement un ouvrage d'une grande actualité.

  • Ce livre d'après-guerre répond pied à pied, pas à pas, aux déambulations de l'écrivain Peter Handke chez les Serbes et à ses divagations dans la guerre de Bosnie (1992-1995) - que rapporte notamment, un Voyage hivernal tissé de nuit, de brouillard et de neige, dont la publication suscita une vive polémique en Europe.
    On y trouvera, en outre, une relation sur les tremblements de terre de Lisbonne (le 1er novembre 1755), d'Annecy (le 15 juillet 1996) et des Balkans... Ainsi que d'autres considérations salutaires sur l'autorité et sa trahison ; sur le " président " Karadzic, le général Mladic et leurs agents littéraires en France ; sur l'éradication des " Turcs " et l'usage de la barbarie ; sur la Force de stabilisation dont le mandat devait s'achever en juin 1998 ; sur la pluviosité à Genève, les inondations en Chine et la visite du pape en Bosnie ; sur la question allemande ; sur Voltaire et Rousseau, la Saint-Barthélemy, le cri du sang innocent ; sur mon jardin et mon belvédère à l'étranger ; sur notre voyage à Mostar, Tuzla, Zenica et Sarajevo dix-huit mois après les accords de Dayton ; sur l'événement du poétique et les charniers de Srebrenica - où les enquêteurs du TPI plantaient de petits drapeaux signalant les ossements retrouvés, comme s'il fallait mettre les cadavres en italique.

  • Plusieurs destins s'entrelacent dans ce nouveau récit de Nathalie Léger. Ils se nouent autour d'un film, Wanda, réalisé en 1970 par Barbara Loden, un film admiré par Marguerite Duras, une oeuvre majeure du cinéma d'avant-garde américain. Il s'agit du seul film de Barbara Loden. Elle écrit, réalise et interprète le rôle de Wanda à partir d'un fait divers : l'errance désastreuse d'une jeune femme embarquée dans un hold up, et qui remercie le juge de sa condamnation. Barbara Loden est Wanda, comme on dit au cinéma. Son souvenir accompagne la narratrice dans une recherche qui interroge tout autant l'énigme d'une déambulation solitaire que le pouvoir (ou l'impuissance) de l'écriture romanesque à conduire cette enquête.
    Il y a d'abord l'errance de cette femme, Wanda, apparemment sans attaches et sans désirs ; il y a ensuite la recherche de Barbara Loden, une actrice rare, une cinéaste inspirée, une femme secrètement blessée, et qui cherche la vérité de son existence à travers un fait divers ; il y a enfin l'enquête de la narratrice. Trois destins entremêlés pour une même recherche sans objet, une même façon d'esquiver ou d'affronter la réalité. Wanda/Barbara : qu'est-ce que l'une cherche à travers l'autre, et qu'est-ce que la narratrice cherche à travers elles ?
    Barbara Loden est née en 1932, six ans après Marilyn Monroe, la même année qu'Elizabeth Taylor, Delphine Seyrig et Anouk Aimée. Elle a trente-huit ans lorsqu'elle réalise et interprète Wanda en 1970. Elle est la seconde femme d'Elia Kazan. Elle a joué dans Le Fleuve sauvage et dans La Fièvre dans le sang. Elle devait jouer dans The Swimmer avec Burt Lancaster, mais ce fut Janet Landgare qui eut le rôle ; elle devait jouer dans L'Arrangement avec Kirk Douglas, mais ce fut Faye Dunaway qui eut le rôle. Elle est morte jeune, à quarante-huit ans. Wanda est son premier et son dernier film. Quoi d'autre ? Comment la décrire, comment décrire un corps et une présence inconnus ? La narratrice lit des témoignages, regarde des images, décrit le film, tente de s'approprier un visage, de découvrir ! un corps sous un autre, elle cherche à reconstituer les bribes d'une vie pour la tirer un instant de l'oubli, et revenir sur sa propre amnésie.

  • L'exposition

    Nathalie Léger

    On peut tout exposer: quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer: une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.

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