Bibliothèque idéale de Robert Adams

  • La peste

    Albert Camus

    « C'est moi qui remplace la peste », s'écriait Caligula, l'empereur dément. Bientôt, la « peste brune » déferlait sur l'Europe dans un grand bruit de bottes. France déchirée aux coutures de Somme et de Loire, troupeaux de prisonniers, esclaves voués par millions aux barbelés et aux crématoires, La Peste éternise ces jours de ténèbres, cette « passion collective » d'une Europe en folie, détournée comme Oran de la mer et de sa mesure.
    Sans doute la guerre accentue-t-elle la séparation, la maladie, l'insécurité. Mais ne sommes-nous pas toujours plus ou moins séparés, menacés, exilés, rongés comme le fruit par le ver ? Face aux souffrances comme à la mort, à l'ennui des recommencenments, La Peste recense les conduites ; elle nous impose la vision d'un univers sans avenir ni finalité, un monde de la répétition et de l'étouffante monotonie, où le drame même cesse de paraître dramatique et s'imprègne d'humour macabre, où les hommes se définissent moins par leur démarche, leur langage et leur poids de chair que par leurs silences, leurs secrètes blessures, leurs ombres portées et leurs réactions aux défis de l'existence.
    La Peste sera donc, au gré des interprétations, la « chronique de la résistance » ou un roman de la permanence, le prolongement de L'Étranger ou « un progrès » sur L'Étranger, le livre des « damnés » et des solitaires ou le manuel du relatif et de la solidarité - en tout cas, une oeuvre pudique et calculée qu'Albert Camus douta parfois de mener à bien, au cours de sept années de gestation, de maturation et de rédaction difficiles...

  • Cette édition bilingue de luxe de référence (reliée toile) séduira les spécialistes comme les simples curieux, les lecteurs français auront ainsi accès, pour la toute première fois, à l'ensemble des poèmes d'Emily Dickinson.
    Cette édition comporte également une présentation, une chronologie, une bibliographie et des notes.

  • Les ambassadeurs

    Henry James

    Paru en revue en 1903, Les Ambassadeurs est l'un des trois romans récapitulatifs, avec Les Ailes de la colombe et La Coupe d'or, d'un Henry James parvenu au sommet de son art. L'auteur lui-même considérait ce grand roman parisien comme son chef-d'oeuvre : « Par bonheur, je me trouve en mesure de considérer cet ouvrage comme franchement le meilleur, «dans l'ensemble», de tous ceux que j'ai produits. » Et de fait, c'est un de ses romans les plus brillants, les plus séduisants aussi.

    L'intrigue en est simple, même si l'analyse de ce qui va se jouer entre les divers personnages est, comme toujours chez James, extrêmement subtile. Elle est déjà présente dans les passionnantes « Notes préparatoires », plus de 100 pages inédites en français que nous donnons en annexe à cette nouvelle traduction : « En tout cas, cela me donne la petite idée d'un personnage d'homme âgé qui n'a pas «vécu», pas du tout, dans le sens des sensations, des passions, des élans, des plaisirs - et qui, en présence de quelque grand spectacle humain, quelque grande organisation pour l'Immédiat, l'Agréable, la curiosité, l'expérience, la perception, en un mot, la Jouissance, s'en rend, sur la fin ou vers la fin, tristement compte. » Ce personnage, ce sera Lambert Strether, un Américain envoyé comme « ambassadeur » à Paris pour y récupérer Chad, le fils d'une riche amie, dont on craint qu'il soit en perdition morale. S'il parvient à ramener le jeune homme en Amérique pour qu'il se voue à l'entreprise qui lui est destinée, sa récompense sera d'épouser ladite amie qui, déjà, finance la revue littéraire qui est la seule identité de cet homme incapable d'action. Mais l'on comprend très vite, dès les premières pages du livre, que Strether va faire des rencontres susceptibles de modifier le sens de sa mission. Et qu'il ne sera lui-même pas insensible aux séductions du « grand spectacle humain » qu'est Paris - « le Paris des boulevards, contemplés du second étage des balcons haussmanniens et des toiles impressionnistes » (Mona Ozouf) - merveilleusement évoqué ici par James.

  • Ulysse

    James Joyce

    L'action d'Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d'Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n'arrive d'extraordinaire au cours de cette journée. Bloom et Dedalus errent dans la ville, vaquant à leurs affaires, et se retrouvent le soir dans un bordel. Chaque épisode correspond à un épisode de L'Odyssée.
    Mais la parodie débouche sur une mise en cause du monde moderne à une époque de muflisme. Joyce exprime l'universel par le particulier. Bloom, Dedalus, Marion sont des archétypes. Toute la vie, la naissance et la mort, la recherche du père (Dedalus est aussi Hamlet), celle du fils (Bloom a perdu un fils jeune), toute l'histoire sont contenues en un seul jour. C'est à Rabelais, à Swift que l'on peut comparer l'art de Joyce qui a écrit, dans Ulysse, la grande ouvre épique et satirique de notre temps.

  • La condition humaine

    André Malraux

    « Si toute condition humaine n'est pas renfermée dans ces pages, du moins est-il certain qu'elle ne cesse pas d'y être en question, et si tragiquement, si profondément que le livre se trouve encore accordé par ses accents aux peines les plus lourdes et aux plus grandes souffrances. C'est un sûr gage de son exceptionnelle valeur. [...] La plus grande beauté du livre - et je ne dis rien de l'intensité de certaines descriptions ou de certaines scènes qui appellent l'image de reproduction cinématographique - est dans quelques conversations terriblement lucides au cours desquelles les personnages, haussés au-dessus d'eux-mêmes par l'événement, livrent tout leur secret. C'est là qu'il faut chercher l'esprit de l'oeuvre, la définition qu'on peut tirer de notre condition.
    Nous sommes seuls, d'une solitude que rien ne peut guérir, contre laquelle nous ne cessons pas de lutter. » Jean Guéhenno.

  • L'Issa est une rivière de Lituanie. Thomas vit chez ses grands-parents, maîtres d'un petit domaine sur son déclin. L'enfant découvre le monde à la faveur de passions successives : pour la jeune servante du curé, pour un berger de quatorze ans, pour un chasseur et sa maîtresse, une belle paysanne.

  • « Que les Américains s'en rendent compte ou non, sa façon de voir la photographie est devenue la nôtre » (parlant de Szarkowski) U.S. News & World Report AVP D 67/107 Août et septembre 2012 Quarante ans après sa première parution aux États-Unis, L'oeil du photographe de John Szarkowski, oeuvre de référence dans l'histoire de la photographie, est pour la première fois à la disposition du public français.
    Cet ouvrage se propose d'enquêter sur la façon dont se présentent les photographies et sur les raisons qui en font ce qu'elles sont. Il s'intéresse au style et à la tradition photographiques, aux possibilités qui s'offrent au photographe dans l'exercice de son travail. L'invention de la photographie a permis un processus radicalement nouveau de production des images - un processus fondé non plus sur la synthèse, mais sur la sélection. La différence est fondamentale.
    Les tableaux sont faits - construits à partir d'un arsenal de schémas, de compétences et de comportements traditionnels - alors que les photographies, comme on le dit couramment, sont prises. Cette différence a soulevé un problème créatif d'un genre nouveau : comment faire pour que ce procédé mécanique et sans âme produise des images porteuses de sens en termes humains - des images dotées de clarté et de cohérence et qui dénotent un point de vue ? L'OEil du photographe, fondé sur une exposition de 1964 et publié en 1966, est une excellente introduction à l'art de la photographie. Il rassemble des oeuvres de maîtres incontestés aux côtés de celles de photographes inconnus, permettant de cerner avec exactitude le langage visuel de l'artiste photographe et révélant l'exceptionnel potentiel de ce médium. Ces photographies sont classées en cinq sections, dont chacune concerne plus particulièrement l'un des cinq choix décisifs qui s'imposent à l'artiste dont l'outil est un appareil photo : la chose en elle-même, le détail, le cadrage, le temps, le point de vue.

  • Atget

    John Szarkowski

    Réimpression du livre mythique de Szarkowski sur les photographies d'Atget ramenées aux Etats-Unis par Berenice Abbott qui l'a révélé au monde entier.

  • Réédition d'un ouvrage de 1973 dans lequel le directeur du département de la photographie du MoMA à l'époque, John Swarkowski, analyse avec brio 100 chefs-d'oeuvre de la collection du musée new-yorkais.

  • Les aventures d'un enfant dans le Missouri au début du XIXe siècle, une quête éternelle de la liberté.

  •    Virginia Woolf La Promenade au phare Fera-t-il beau demain pour la promenade au phare ? Cette question plane sur la famille réunie un soir de mi-septembre dans la grande maison de vacances des îles Hébrides.
    Tout au long du livre s'insinue la pulsation de la mer. L'eau entrave les pensées. La vie se déverse et la mort surprend. Les années passent. La maison est abandonnée. Demeurent les petits miracles quotidiens, ces « allumettes inopinément frottées dans le noir ». Ce sont eux qui donnent un sens aux choses, un mouvement à la vie.

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