Natacha Nisic

du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014 Dans l’œuvre de Natacha Nisic (née à Grenoble en 1967), s’exerce une recherche constante du rapport invisible, voire magique, entre les images, les mots, l’interprétation, le symbole, le rituel. Son travail tisse des liens entre des histoires, récits du passé et du présent, pour révéler la complexité des rapports entre le montré et le caché, le dit et le non-dit. Lauréate de la Villa Kujoyama en 2001 et de la Villa Médicis en 2007, Natacha Nisic a fait l’objet de nombreuses expositions où la question de l’image est mise en jeu par le recours à différents médiums : super-8, 16 mm, vidéo, photographie et dessin. Ces images fixes ou en mouvement fonctionnent comme substrat de la mémoire, mémoire tendue entre sa valeur de preuve et sa perte, et sont autant de prises de position sur le statut des images et les possibles de la représentation. En savoir plus Site de Natacha Nisic
  • Echo

    Natacha Nisic

    Catalogue bilingue (française/anglais) de l'exposition « Natacha Nisic. Echo » du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014 au musée du Jeu de Paume.  L'exposition est composée d'installations vidéos de l'artiste. 

  • Effroi

    Natacha Nisic

    À la suite d'un voyage à Auschwitz où elle était venue réaliser un film, Natacha Nisic retourne, en mars 2005, effectuer sur les lieux d'une première expérience singulière une sorte de voyage intérieur qui rejoint la mémoire universelle.
    Abordant différents médias, film super 8, vidéo, photographie, l'artiste s'engage dans la réflexion sur le processus de l'image, le visible et l'invisible, le document et sa valeur de preuve.
    Nouveau titre de la collection " l'Atelier du sculpteur ", cet ouvrage comprend des notes de l'artiste, une préface de Noëlle Chabert et un essai d'Annette Becker, historienne. Il s'accompagne d'un film et d'enregistrements sonores sur DVD.

  • La recherche ici entreprise dans le sillage de homo sacer ne porte pas sur les circonstances historiques dans lesquelles s'est accomplie la destruction des juifs d'europe, mais sur la structure et la signification du témoignage.
    Il s'agit de prendre au sérieux le paradoxe de primo levi, selon lequel tout témoignage contient nécessairement une lacune, le témoin intégral étant celui qui ne peut témoigner. il s'agit de ceux qui " ont touché le fond ", des déportés dont la mort " avait commencé avant la mort corporelle " - bref, de tous ceux que, dans le jargon d'auschwitz, l'on appelait les " musulmans ". on a essayé ici de regarder cet invisible, de tenir compte des " témoins intégraux " pour l'interprétation d'auschwitz.
    On propose, par là, une réfutation radicale du révisionnisme. dans cette perspective, en effet, auschwitz ne se présente pas seulement comme le camp de la mort, mais aussi comme le lieu d'une expérience encore plus atroce, où les frontières entre l'humain et l'inhumain, la vie et la mort s'estompent ; et, mise à l'épreuve d'auschwitz, toute la réflexion de notre temps montre son insuffisance pour laisser apparaître parmi ses ruines le profil incertain d'une nouvelle terre éthique : celle du témoignage.
    En marquer le sujet en tant que reste, tel est le but de ce livre.

  • Soixante ans après Hiroshima, comment penser l'usage de la technique par l'homme, le risque, la responsabilité, la précaution qui en découlent ? Quelques années après l'explosion de la bombe atomique, Günther Anders livrait un texte précurseur : il relate sa visite au Japon, dialogue avec l'un des pilotes de la flotte qui largua la bombe, et réfléchit plus largement sur la folie de la guerre au XXe siècle. Un essai fondateur pour la mouvance antiatomique, mais aussi une réflexion propre à alimenter les interrogations contemporaines sur le risque.

  • Jour après jour, notre regard soutient l'insoutenable des images : guerres, génocides, terrorisme, actes de barbarie, humiliations, injustices extrêmes.
    L'effroi du présent nous devient familier.
    Le monstrueux a même un pouvoir hypnotique. Cette usure et cette sidération n'appellent-elles pas un autre régime d'images ? l'invention d'un regard qui ne soit ni trop proche ni trop lointain, ni obscène ni détaché ? Dominique Baqué examine les représentations de la violence dans le photojournalisme, l'art engagé ou « caritatif », le témoignage amateur, la vidéo trash. Elle s'arrête avec émotion sur le cinéma et sur les uvres (photographie, vidéo, installation) qui évitent le piège de la compassion, réveillent les consciences par d'autres stratégies visuelles : l'appropriation, la théâtralisation, le retrait. Elle interroge la responsabilité de ceux qui font et de ceux qui regardent : peut-on « pactiser » avec l'inhumain ? Est-il des situations où l'art doit se retirer ? En définitive, quel rôle doit-il, veut-il et peut-il vraiment jouer ? Avec cette ultime question : en ces temps où de nouvelles violences sont infligées aux femmes, pourquoi l'art reste-t-il quasi muet ?

  • L'essai de Christian Chelebourg ouvre un dossier formidable : la représentation fictionnelle des grandes questions écologiques de notre temps. De nombreux livres, films, émissions documentaires ou bandes dessinées décrivent les catastrophes naturelles annoncées par la science et mettent en garde contre les dérives de notre technologie. Le livre de Chelebourg est le premier à proposer une vue d'ensemble des grandes " écofictions ", qui dominent aujourd'hui notre manière de penser la pollution, le réchauffement climatique, les nouvelles épidémies, les désastres naturels ou les manipulations génétiques. Il est aussi le premier à en proposer une lecture cohérente. Pour ce faire, il s'appuie sur l'analyse des mythes dont l'évolution est révélatrice de la place et du rôle que nos sociétés assignent à leurs citoyens.

  • La catastrophe semble faire partie de notre horizon d'attente et si le calendrier maya n'existait pas, il aurait fallu l'inventer pour habiller d'un peu de romanesque une angoisse diffuse, mais entretenue par des événements très concrets. Ces événements sont-ils véritablement devenus plus fréquents, plus dramatiques, plus dévastateurs ? Ou seulement plus visibles, justement parce qu'ils se découpent sur cet horizon d'attente ? Tremblements de terre, tsunamis, accidents nucléaires, inondations, chambardements climatiques : la planète, les corps, l'histoire même subissent des secousses incessantes. Chacune prise en particulier est plus ou moins bouleversante. Mais bouleversant à coup sûr pour la conscience contemporaine est le sentiment de leur multiplication et de leur enchaînement.
    La catastrophe, une idée neuve en Europe ? L'idée peut faire sourire. Le mot, après tout, date des Grecs. Dans l'Antiquité, Catastrôphè désignait déjà le renversement, le bouleversement, la fin - et en particulier celle de la tragédie. Deux bons millénaires plus tard, quand Littré compose son Dictionnaire, le sens n'a guère changé : renversement, grand malheur, fin déplorable - et bien sûr dénouement. Mais aujourd'hui ? La réponse ne se trouve pas dans les dictionnaires.
    Quand sommes-nous sortis de l'âge des désastres - celui de Lisbonne, en 1755, avait bouleversé les consciences européennes - pour entrer dans l'ère des catastrophes ? Avec l'arrivée des catastrophes dites industrielles ? Avec la théorie des catastrophes - dont c'est le quarantième anniversaire cette année ? Avec la déferlante des " films-catastrophe ", qui ont envahi l'imaginaire mental des moins cinéphiles ? Faut-il pour comprendre ce " renversement " dans les têtes, nous tourner vers la science ou les millénarismes ? Vers les dangers réels ou les menaces fantasmagoriques ?
    Ce numéro de Critique tente de suivre toutes ces pistes à la fois.

  • Comment notre société traite-t-elle de son passé à travers les souvenirs de ses drames? Comment aborde-t-elle le difficile travail d'historicisation des souffrances causées par les violences des guerres en particulier ? Comment les dire, comment les montrer, peut-on les dire en les montrant ? Est-il possible de créer à partir de ce qui reste, d'Auschwitz aux poignées de terres rapportées du Viet Nam ? Peut-on faire une théorie de la violence, théoriser l'existence ? Peut-on prétendre partager ce qui relève dans nos sociétés aujourd'hui, la plupart du temps d'un non-vécu ?
    Pour tenter de répondre à ces questions, cet ouvrage rassemble les travaux d'artistes, muséographes, scénographes, conservateurs, architectes, historiens, anthropologues et philosophes, autant de confrontations de mots, de sons, de sensations, d'objets et d'images.

  • Découvrez Ecologiques, le livre de Michel Deguy. " Tout exposé en " moi-je " a quelque chose d'indécent " écrit Michel Deguy. Et il ajoute un peu plus loin : " Quand il n'y a plus de choses, il n'y a plus de monde ". Par Ecologiques, il faut donc entendre ce que Michel Deguy nomme une vision, la vision elle-même ne pouvant être qu'écologique, car entièrement vouée à transporter le phénomène par l'imagination. De transport en transport, la fable se constitue. Elle se fait tour à tour poème, fragment, discours, philosophème et biographème. Il y va à chaque fois du monde, habitable et habité, de l'humanité, d'une mutation anthropologique qui interroge le penseur, le poète et la politique. Retour à l'existence humaine, à notre triple finitude : subsolaire, mortelle et langagière. L'écologie n'est pas un humanisme. Il ne s'agit plus aujourd'hui principalement de l'homme défini comme centre de l'univers, ou valeur absolue, ou vie-nue à préserver à n'importe quel prix, ou propriétaire, ou méritant la richesse, ou but ultime de la science, télos récurrent à chaque étape de progrès scientifico-technique. La politique ne suffit pas, ne se fonde pas sur elle-même, n'est pas autonome. Peut-être ne pouvons-nous plus parler de ce qui nous sépare dans le leurre du dialogue. Beaucoup plus de même ET beaucoup plus d'altérité ! " Tolérance " !

  • Seul l'Occident moderne s'est attaché à classer les êtres selon qu'ils relèvent des lois de la matière ou des aléas des conventions. L'anthropologie n'a pas encore pris la mesure de ce constat : dans la définition même de son objet la diversité culturelle sur fond d'universalité naturelle, elle perpétue une opposition dont les peuples qu'elle étudie ont fait l'économie.
    Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? Philippe Descola propose ici une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l'homme et son environnement. Son enquête met en évidence quatre façons d'identifier les « existants » et de les regrouper à partir de traits communs qui se répondent d'un continent à l'autre : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains , l'analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l'animisme, qui prête aux non-humains l'intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l'aptitude culturelle.
    La cosmologie moderne est devenue une formule parmi d'autres. Car chaque mode d'identification autorise des configurations singulières qui redistribuent les existants dans des collectifs aux frontières bien différentes de celles que les sciences humaines nous ont rendues familières.
    C'est à une recomposition radicale de ces sciences et à un réaménagement de leur domaine que ce livre invite, afin d'y inclure bien plus que l'homme, tous ces « corps associés » trop longtemps relégués dans une fonction d'entourage.

  • Comment penser le mal au XXIe siècle ? Le tsunami du 26 décembre 2004 et la commémoration en 2005 de trois grandes catastrophes ayant marqué l'Occident dans sa manière de se représenter le mal -Auschwitz ; Hiroshima et Nagasaki ; le tremblement de terre de Lisbonne (1er novembre 1755) -mettent à l'épreuve la pensée de la catastrophe. Le mal « naturel » est-il contingent, ou l'homme est-il responsable du mal ? À en juger par les réactions au tsunami, tout se passe comme
    si, de 1755 à aujourd'hui, le mal soulevait les mêmes interrogations. Or quand le mal moral rejoint les sommets qu'a connus le XXe siècle, on ne peut plus l'évoquer qu'en termes d'atteintes à l'ordre naturel du monde. Un essai vif et stimulant sur les chassés-croisés entre catastrophes naturelles et catastrophes morales, qui revisite à la lumière de l'actualité une des grandes questions de la philosophie : qu'est-ce que le mal ? Jean-Pierre Dupuy est professeur de philosophie sociale et politique à l'École polytechnique et à Stanford, directeur de recherche au CNRS et membre du comité d'éthique et de précaution de l'INRA.

  • Ce livre est une réflexion sur le destin apocalyptique de l'humanité. Celle-ci, devenue capable d'autodestruction, soit par l'arme nucléaire, soit par l'altération des conditions de survie, se doit de regarder avec sérieux les menaces qui pèsent sur elle. Il nous faut croire à la réalité de la catastrophe et non à sa simple éventualité pour la prévenir efficacement.
    L'impossible de demain, l'improbable futur, se font présent et la « précaution » ne suffit pas : elle décide pour le présent dans l'incertitude des conséquences futures, mais elle ne va pas jusqu'à penser l'impossible comme certain, jusqu'à nous en donner l'évidence.
    S'appuyant sur l'exemple de la dissuasion nucléaire, Jean-Pierre Dupuy donne ici une réflexion fondamentale sur le changement d'attitude vis-à-vis de l'avenir qui devrait être le nôtre si nous ne voulons pas sombrer dans la catastrophe.
    Une réflexion fondamentale sur la catastrophe et notre aveuglement face à sa possibilité et même sa certitude.

  • Le chamanisme et la possession n'appartiennent pas au passé, bien au contraire.
    Partout, que ce soit en Sibérie, en Asie du Sud-Est, en Afrique ou aux Amériques, l'idée d'une alliance possible avec la surnature est vivante. Le désenchantement annoncé du monde tarde, car, lorsque le malheur frappe et ébranle les certitudes, le recours aux spécialistes des esprits demeure privilégié. En quoi le vaudou haïtien ou le chamanisme coréen permettent-ils de faire face à l'infortune, de surmonter l'adversité? Comment le tambour du chamane bouriate ou le couteau ensanglanté du possédé marocain peuvent-ils faire refluer la maladie ? Confrontant sa connaissance approfondie des cultes de possession au Maroc, en particulier celui des Gnawa, avec d'autres études, Bertrand Hell met en évidence le fondement anthropologique de ces pratiques.
    Pour cela, il nous invite à comprendre la place extraordinaire réservée, dans chaque société, à l'allié des esprits. Alors se dessine la figure universelle d'un maître du désordre associé à l'ambivalence, à la transgression et au «bricolage». Rompant avec les a priori réducteurs, cet ouvrage livre un éclairage original sur l'efficacité symbolique du chamanisme et de la possession.

  • Pour une ethique du futur

    Hans Jonas

    • Rivages
    • 5 January 1998

    L'espèce humaine se trouve à un carrefour.
    Dotée d'une puissance en constante extension, il lui faut désormais opérer les choix ou assumer les hésitations qui lui éviteront le sort de l'apprenti sorcier. la futurologie apparaît alors non comme un charlatanisme de plus, mais comme l'indispensable évaluation des effets à longue portée, pour les générations à venir, des révolutions technologiques déferlantes d'oú peuvent surgir le meilleur et le pire.

    Dresser les critères de cette évaluation, telle est la tâche du philosophe. et s'il fait appel à l'éthique, ce ne sera jamais pour brimer ou pour briser la vie, mais au contraire pour l'aider à parer les plus graves dangers, afin de lui offrir un nouveau champ de développement.

  • Une somme, jamais rassemblee auparavant, sur la « solution finale » des juifs de france.
    Un memorial et une mine inepuisable de documents pour les historiens de demain pésident fondateur (avec beate klarsfeld) de l'association des fils et filles des déportés juifs de france, serge klarsfeld a joué un rôle considérable dans la recherche historique et également dans la traque de criminels de guerre et contre l'humanité (barbie, bruner, papon, etc.). les quatre volumes présentés ici sont le résultat de trente ans de recherches.

  • Voici le premier livre en français sur Aby Warburg (1866-1929). Fondateur de la discipline iconologique, créateur du prestigieux institut qui porte son nom, Warburg a compté parmi ses disciples les plus célèbres historiens d'art du siècle : E. Panofsky, E. Wind, F. Saxl...
    Avec Warburg, l'histoire de l'art n'opère plus aux confins de l'anthropologie : elle en est une catégorie. Plutôt que leur beauté, il met en évidence l'efficacité des images. Ses mots clés sont : survivance, magie, astrologie, empathie, animisme, totémisme...
    À trente ans, en 1896, par un geste raisonné de rupture, il se rend chez les Hopis du Nouveau-Mexique. Étrange parcours mélancolique d'un historien qui va trouver dans les rituels des Indiens pueblos les réponses aux énigmes que lui posait la Renaissance de l'Occident.
    À partir de 1924, Warburg élabore avec son Atlas intitulé Mnémosyne une «histoire de l'art sans texte» qui procède par juxtaposition de documents empruntés à tous les champs du savoir, esquisse mystérieuse d'un nouveau type d'exposé et d'exposition, loin des généalogies établies.
    L'ouvrage de Philippe-Alain Michaud n'est pas seulement un livre sur Warburg, c'est un livre avec Warburg - dont il prolonge les intuitions en introduisant dans son analyse le daguerréotype, les expériences de Marey, le cinéma primitif, la danse de Loïe Fuller, toutes pratiques qui affleurent dans l'interprétation warburgienne des images et qui en éclairent la singularité.

  • Toutes les études rassemblées dans ce volume procèdent d'une hypothèse unique : avant d'être un dispositif technique ou un spectacle, le cinéma est une manière de penser les images. Selon une démarche qui trouve son origine dans la méthode d'analyse développée par Aby Warburg au cours des années 1920, ce recueil montre les échanges et les transferts qui se produisent entre histoire de l'art et cinéma, des recherches d'Etienne-Jules Marey et des films Lumière au cinéma expérimental (Jack Smith, Anthony Mc Call.), de l'art des tapis et des spectacles pyrotechniques à la bande dessinée (Krazy Kat) ou au dessin.
    Les textes de ce recueil ont le plus souvent été publiés auparavant dans les revues Trafic, Les Cahiers du Musée d'art moderne, Les Cahiers de la cinémathèque. D'autres sont le fruit de conférences données au Musée du Louvre. Tous ont été retravaillés pour l'édition de ce livre.

  • La sorciere

    Jules Michelet

    Michelet sait prêter sa voix aux parias du passé, à ceux qui n'ont pas eu d'histoire. A travers les siècles la femme tient-elle donc toujours le même rôle, celui de la mal aimée ?
    En embrassant d'un seul regard toute l'étendue du Moyen Age, de la Renaissance et du Grand Siècle, Michelet discerne pour la première fois la suite rigoureuse d'une tragédie dont l'héroïne serait une femme à la fois révérée et persécutée : la sorcière.

  • Cet ouvrage réunit neuf entretiens réalisés par Nathan Rera, entre Paris et Drancy, avec des artistes contemporains issus de domaines d'expression différents : peinture (Linda Ellia), cinéma (Emmanuel Finkiel, Arnaud des Pallières, Aude Amiot, Liliane Rovère, Esther Gorintin, toutes trois actrices), photographie (Linda Ellia), sculpture (Shelomo Selinger), installations vidéos (Zofia Lipecka). Ces artistes ont pour ambition de créer au plus près et au plus vrai de la réalité des camps de concentration.
    Ils posent donc la question de la légitimité et des possibilités de l'expression artistique quand elle a pour sujet la Shoah. Le plus emblématique de ces artistes est Shelomo Selinger, rescapé des camps de concentration, qui a voué en grande partie son art de la sculpture à la mémoire de la Shoah - on lui doit, entre autres, le mémorial de Drancy. Le livre regroupe donc, pour la première fois, des artistes de renom dont les témoignages plongent au coeur de la fabrique artistique et du discours éthique. Des planches illustrées permettent de donner un aperçu de leurs créations.

  • "A sa mort, en 1919, l'énigmatique Victor Segalen n'avait publié que trois ouvrages - Les Immémoriaux, Stèleset Peintures -, lesquels annonçaient déjà la puissance d'une oeuvre qui, paradoxalement, restait à venir. Car Segalen avait beaucoup écrit pendant sa brève existence de quarante années et cet Essai sur l'exotisme fait partie d'un ensemble posthume désormais accessible. Très tôt, en effet, Segalen avait formé le projet de réévaluer la notion d'exotisme. De lui redonner une authenticité, une plénitude, qui lui avaient été confisquées par la mode littéraire issue de Bernardin de Saint-Pierre. Pour lui, l'exotisme, c'est d'abord une catégorie de la sensibilité qui permet de " percevoir le divers ". Et l'exotisme, c'est l'art, subtil, d'accéder à l'autre. Or, au début de ce siècle, à l'heure de l'universalisme colonial, rien n'est moins " politiquement correct " que de tels propos. Aujourd'hui, ce texte a conservé toute sa force et son audace. Servi par une prose incroyablement fraîche, il reste, comme le souhaitait son auteur, un irremplaçable " bréviaire de la différence " qui vaut plus, et mieux, que bien des traités d'ethnologie."

  • Après des décennies de guerres, de destructions, d'occupations, le monde arabe apparaît comme un monde en ruines.
    Mais comme le montre Jalal Toufic, il y a des ruines qui résistent aux reconstructions, les ruines immatérielles qui résultent de " désastres démesurés ". Pour l'auteur, cette notion renvoie au premier chef aux nombreuses années de guerre qui ont ravagé le Liban, mais elle désigne plus généralement les atrocités du XXe siècle, le génocide rwandais, ou encore la Shoah. Si l'artiste a effectivement pour tâche de dire le désastre démesuré et de le présenter à la communauté, il ne peut être le porte-parole des morts : il lui faut au contraire ressusciter le " non-mort ", et amener la communauté à prendre conscience de son objet perdu.
    Contrairement aux apparences, il n'y a dans ce geste nulle trace de nostalgie, nul désir de retour à une origine ou à une tradition authentique, la tradition s'est retirée pour de bon. L'artiste se situe ainsi dans un espace ontologiquement indéfini, le mince interstice séparant la mort de la vie. La célèbre phrase d'Hiroshima, mon amour revient sans cesse comme un leitmotiv : " Tu n'as rien vu à Hiroshima.
    " Moyen de poser le problème du témoignage, et d'interroger la représentabilité du désastre démesuré, qui marque, par définition, une coupure radicale, et détruit tout rapport avec le passé. A travers une analyse essentiellement fondée sur la photographie et le cinéma (mais qui convoque également la théologie), Jalal Toufic nous offre une réflexion rare sur les pouvoirs de l'art et sur sa fonction politique, faisant écho à des auteurs comme Maurice Blanchot, Jacques Derrida, ou Georges Didi-Huberman.

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