Adrian Paci

Adrian Paci. Vies en transit DU 26 FÉVRIER AU 12 MAI 2013
En 1997, Adrian Paci fuit les violentes émeutes en Albanie pour se réfugier, avec sa famille, en Italie. À son arrivée dans ce pays, il abandonne temporairement la peinture et la sculpture, pour adopter la vidéo, explorant ainsi de nouveaux langages et les moyens d’expression cinématographiques. Son expérience de l’exil, le choc de la séparation et l’adaptation à un nouveau lieu définissent le contexte de ses premières vidéos, à travers lesquelles il tente de retrouver les racines de son passé. “Le fait d’être à la croisée des chemins, à la frontière de deux identités séparées, se retrouve dans toutes mes productions cinématographiques.” A. P.
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  • Cette monographie de référence, qui documente les oeuvres réalisées par Adrian Paci depuis 1997, rend compte des nombreux chassés croisés qu'il opère entre différents modes d'expression et médiums (vidéos, installations, peintures, photographies et sculptures). Un travail à la fois intime, poétique et politique avec lequel l'artiste d'origine albanaise développe une réflexion, nourrie de son vécu personnel et de l'histoire récente de son pays natal, sur la plupart des problèmes existentiels et sociaux de notre époque : migration, mobilité, perte, déplacement, mondialisation, identité culturelle, nostalgie, mémoire...

    Publié à l'occasion de l'exposition « Adrian Paci - Vies en transit » au Jeu de Paume, Paris, au PAC Padiglione d'Arte Contemporanea, Milan et au musée d'art contemporain de Montréal, en 2013-2014.

    /> Le travail d'Adrian Paci (né en 1969 à Shkodra, Albanie, vit et travaille à Milan) met en exergue l'un des paradoxes de l'intelligence humaine, qui consiste à rendre compte de la réalité à travers l'irréalité. Souvent inspiré par des sujets qui lui sont proches, par des histoires issues de sa vie quotidienne, Adrian Paci les fait glisser poétiquement vers une fiction, qui, à son tour, produit une ou plusieurs réalités plus larges.
    Son travail se caractérise également par sa capacité à mettre en tension ce qui est conflictuel et ce qui est merveilleux. Avec un certain romantisme, il est conscient des enjeux qui existent entre la création artistique contemporaine et de possibles formes de résistance.
    En 1997, Adrian Paci fuit les violentes émeutes en Albanie pour se réfugier, avec sa famille, en Italie. A son arrivée dans ce pays, il abandonne temporairement la peinture et la sculpture, pour adopter la vidéo, explorant ainsi de nouveaux langages et les moyens d'expression cinématographiques. Son expérience de l'exil, le choc de la séparation et l'adaptation à un nouveau lieu définissent le contexte de ses premières vidéos, à travers lesquelles il tente de retrouver les racines de son passé.
    Progressivement, Adrian Paci se détache de son vécu personnel pour traiter de l'histoire collective, dans des projets qui mettent l'accent sur les conséquences des conflits et des révolutions sociales, et qui révèlent comment l'identité est conditionnée par le contexte socio-économique. Travaillant avec des acteurs non professionnels, des hommes et des femmes dans leurs difficultés, il explore la plupart des problèmes existentiels et sociaux de notre époque : migration, mobilité, perte, déplacement, mondialisation, identité culturelle, nostalgie, mémoire...
    Après avoir représenté son pays à la Biennale de Venise en 1999 et avoir été exposé au MoMa PS1 à New York en 2005, son travail a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles : Moderna Museet de Stockholm, Kunstverein de Hanovre, Centre d'art contemporain de Tel Aviv, Bloomberg Space à Londres et Kunsthaus de Zurich... Il a également participé à de nombreuses expositions collectives : Manifesta3 à Ljubljana (2000), Biennale de Venise (2005), Tate Modern de Londres (2008), Maxxi de Rome, Biennales de Lyon et de La Havane (2011).

  • Un conflit est ouvert à propos de la liberté de circuler et de la possibilité pour chacun de trouver une place dans un monde commun.
    Arrêtées par les murs et les législations protectionnistes des Etats-nations, des millions de personnes ne trouvent plus le lieu d'arrivée de leur voyage, et n'ont pas non plus d'autres ailleurs où aller pour se protéger, se reconstruire, revivre. Dans cet exil intérieur, de nouveaux lieux, " hétérotopiques ", apparaissent, se développent et se fixent, et avec eux une nouvelle conception de l'étranger, celle de l'indésirable au monde.
    La frontière, le camp, la jungle ou le ghetto dessinent cette nouvelle topographie de l'étranger : un couloir des exilés se forme, ou règnent l'exception, l'exclusion et l'extraterritorialité, mais où parfois des transformations sociales ont lieu, où la marge devient refuge, à nouveau habitable et même vivable. Sur le chaos du présent s'inventent des mondes à venir... Face aux politiques de la peur et de l'enfermement, l'anthropologue Michel Agier défend une cosmopolite de l'hospitalité, seule à même de fonder une " anthropologie monde ", qu'il conçoit comme une pensée des rencontres et des reconnaissances de l'autre, "avec le monde commun en tête ".

  • Alexandra Badea vient de Roumanie. À l instar des représentants d un théâtre apatride, elle travaille ici, en France, comme là-bas en Roumanie en tant que metteur en scène. Mais sa vie d itinérante cherche à s exprimer autrement : par l écriture. Si elle a choisi d écrire directement en français, c est parce que la France fait partie de ses lieux de combat. Alexandra Badea n est pas une émigrée. Elle n a pas été forcée de quitter son pays. Elle fait partie, parmi la jeune génération, de tous ceux et celles qui cherchent l endroit qui leur est le plus adapté. Une génération nouvelle née d une Europe qui grandit et prend forme. Avec les douleurs que l on sait. Le regard qu elle porte sur notre société a la particularité d en faire ressortir des incohérences et des inepties avec un humour mordant. Dans Contrôle d identité, ce sont les désillusions, questionnements et déboires d un réfugié politique qui, acculé au rôle de l étranger et de l irrégulier, se heurte à une administration kafkaïenne. Dans Mode d emploi, le personnage principal est plongé dans un labyrinthe de règles imposées par la doxa et par elle-même : extraits de lois, règles imposées par la société, la famille, l éducation... Se débattant avec l absurdité de toutes ces contraintes, elle les dénonce avec ironie. Pour écrire Burnout, l auteur est partie d un discours de Nicolas Sarkozy. Elle s attache à mettre en avant dans ce texte les aberrations d une société où le travail devient le seul étalon des qualités sociales et individuelles. Jouant sur l effet de liste, l auteur met en scène un personnage qui se fait rattraper par sa monomanie.

  • Cet admirable essai de Jean-Christophe Bailly se présente comme une tentative d'interprétation des portraits du Fayoum au regard de la confluence dont ils sont l'unique témoignage : si ceux-ci émanent bien d'un type de figuration réaliste et mimétique, s'ils appartiennent comme tels à la formation d'un statut de l'image en Occident, l'incorporation de ces portraits dans des sarcophages les situe également dans la filiation des rites funéraires égyptiens.
      Cette confluence interroge la relation fondatrice du portrait à la mort et permet à Jean-Christophe Bailly de sonder les liens féconds attachant le figurable et le périssable. Ainsi, c'est à la fois la spécificité de ces portraits et leur situation dans l'ensemble de l'art et de la pensée antique qui sont explorées dans cet ouvrage, en relation étroite avec le monde composite de l'Égypte romaine.
      Si l'érudition dont Jean-Christophe Bailly fait preuve est impressionnante, cet ouvrage est beaucoup plus qu'une simple approche scientifique. Est-il possible de ne pas prendre en considération que ces portraits étaient incorporés dans des sarcophages ? Qu'ils entretiennent un rapport étroit et presque intime avec la mort ? Qu'ils furent peints, du vivant de leur modèle, pour les accompagner dans l'au-delà ?

  • La vie liquide

    Zygmunt Bauman

    • Pluriel
    • 16 January 2013

    La vie liquide est la vie prise dans le flux incessant de la mobilité et de la vitesse. Elle est le triomphe du consumérisme. Tout, y compris l'homme, devient objet de consommation, avec une date de péremption au-delà de laquelle ils deviennent jetables.  Analysant les changements qui affectent l'individu, les nouveaux modes de la célébrité, les transformations de la culture ou encore la promotion de la sécurité comme valeur, l'auteur décrit ainsi la société en voie de liquéfaction avancée et avance des pistes pour imaginer un avenir plus vivable. Zygmunt Bauman est né en Pologne en 1925. Il a enseigné la sociologie à l'université de Leeds, où il est professeur émérite. Sociologue de réputation mondiale il a publié de nombreux ouvrages, dont, dans la collection « Pluriel », Le coût humain de la mondialisation, La vie en miettes, L'amour liquide, La société assiégée.

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  • Salué aussi bien par Edward Said que par Toni Morrison ou J. M. Coetzee, Homi K. Bhabha est l'un des théoriciens les plus importants et les plus influents du postcolonialisme. S'appuyant sur la littérature, la philosophie, la psychanalyse et l'histoire, il invite notamment à repenser les questions très actuelles d'identité et d'appartenance nationales ; à dépasser, grâce au concept très fécond d'hybridité culturelle, la vision d'un monde dominé par l'opposition entre soi et l'autre ; à saisir comment, par le biais de l'imitation et de l'ambivalence, les colonisés introduisent chez leurs colonisateurs un sentiment d'angoisse qui les affaiblit considérablement ; ou encore, plus largement, à comprendre les liens qui existent entre colonialisme et globalisation.

  • Dialogues d'exiles

    Bertolt Brecht

    • L'arche
    • 13 June 1997

    Le passeport est la partie la plus noble de l'homme.
    D'ailleurs, un passeport ne se fabrique pas aussi simplement qu'un homme. on peut faire un homme n'importe oú, le plus étourdiment du monde et sans motif raisonnable ; un passeport, jamais. aussi reconnaît-on la valeur d'un bon passeport, tandis que la valeur d'un homme, si grande qu'elle soit, n'est pas forcément reconnue.

  • «Le sacré et le profane constituent deux modalités d'être dans le monde, deux situations existentielles assumées par l'homme au long de son histoire. Ces modes d'être dans le Monde n'intéressent pas uniquement l'histoire des religions ou la sociologie, ils ne constituent pas uniquement l'objet d'études historiques, sociologiques, ethnologiques. En dernière instance, les modes d'être sacré et profane dépendent des différentes positions que l'homme a conquises dans le Cosmos ; ils intéressent aussi bien le philosophe que tout chercheur désireux de connaître les dimensions possibles de l'existence humaine.»

  • C'est une affirmation courante que le monde moderne, entre autres caractéristiques, se distingue par la disparition de l'initiation.
    D'une importance capitale dans les sociétés traditionnelles, l'initiation est pratiquement absente de la société occidentale de nos jours. certes, les différentes confessions chrétiennes montrent encore, dans une mesure variable, des traces d'un mystère initiatique. mais le christianisme n'a justement triomphé et n'est devenu religion universelle que parce qu'il s'est libéré du climat des mystères gréco-orientaux et s'est proclamé une religion du salut, accessible à tous.

    En vue de dégager les divers types d'initiation, mircea eliade étudie successivement les rites de puberté dans les sociétés traditionnelles, les cérémonies d'entrée dans les sociétés secrètes, les initiations militaires et chamaniques, les mystères gréco-orientaux, les survivances des motifs initiatiques dans l'europe chrétienne et, enfin, les rapports entre certains motifs initiatiques et certains thèmes littéraires.
    L'auteur conclut sur les mouvements occultistes dans le monde moderne.

  • Le mythe de l'étranger connaît comme chaque mythe mille et une versions. Aiat Fayez fut un étranger en France et il l'est resté après avoir quitté ce pays. Le regard de l'étranger reste toujours un regard différent de celui des autochtones. Même avec la meilleure volonté, il parle avec un accent, s'habille différemment ou bouge autrement et, surtout, ne peut se défaire de sa peau. Il est marqué et tous ceux et celles qui le rencontrent le savent tout de suite : " D'où vient votre petit accent ? " Les autochtones ne lui sont pas hostiles, ce serait une hypothèse trop facile. Mais ils sont conditionnés, réagissent comme on les a éduqués, ce qui est simplement humain, n'est-ce pas ?...
    Voici quatre scènes qui jettent une fascinante lumière sur cette incompatibilité. Sous quatre angles successifs, Aiat Fayez observe des choses que nous ne pouvions voir avec nos yeux. C'est pour cela que nous avons besoin des siens.

  • La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre patriculièrement dangereux.
    A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détache des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques qont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte.
    Il arrive ainsi que la pièce prene l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet.
    Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarné un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.

  • A l'heure oú se développent en france les premiers cursus d'études culturelles inspirés des cultural studies anglophones et oú les politiques de l'identité et des représentations suscitent un intérêt croissant, la publication de ce recueil de dix-sept essais classiques du sociologue britannique stuart hall constitue un détour nécessaire par les origines multiples et complexes de ce champ de réflexion.
    Intellectuel de renom international, stuart hall nous livre ici une généalogie critique des cultural studies, de leurs fondements théoriques marxistes et gramsciens à leur redéfinition des notions de " culture " et de " populaire ", en passant par leur résistance aux disciplines classiques. mettant en relief les préoccupations théoriques et politiques majeures des études culturelles, il interroge le concept d'" identité " et ses déclinaisons (ethnicité, race, classe, genre, sexualité) et développe une théorie qui situe la culture au coeur même du processus de construction identitaire.
    Qu'il analyse la formation des cultures diasporiques, les politiques noires britanniques, les situations postcoloniales ou le concept de " multiculturalisme ", hall éclaire d'une lumière singulière nombre d'enjeux centraux de la scène politique internationale contemporaine.

  • Force de kafka.
    Politique de kafka. déjà les lettres d'amour sont une politique où kafka se vit lui-même comme un vampire. les nouvelles ou les récits tracent des devenirs-animaux qui sont autant de lignes de fuite actives. les romans, illimités plutôt qu'inachevés, opèrent un démontage des grandes machines sociales présentes et a venir.
    Au moment même où il les brandit, et s'en sert comme d'un paravent, kafka ne croit guère à la loi, à la culpabilité, à l'angoisse.
    à l'intériorité. ni aux symboles, aux métaphores ou aux allégories. il ne croit qu'à des architectures et à des agencements dessinés par toutes les formes de désir. ses lignes de fuite ne sont jamais un refuge, une sortie hors du monde. c'est au contraire un moyen de détecter ce qui se prépare, et de devancer les "puissances diaboliques" du proche avenir. kafka aime à se définir linguistiquement. politiquement, collectivement, dans les termes d'une littérature dite "mineure".
    Mais la littérature mineure est l'élément de toute révolution dans les grandes littératures.

  • La Provocation, c´est Le Désert des Tartares par - 20ºC. Deux postes-frontières se regardent en chiens de faïence de part et d´autre d´une ligne de démarcation. Un no man´s land les sépare. Côté albanais, après la mort de son chef de poste, un sergent assure l´intérim du commandant. C´est le réveillon du jour de l´An, la neige tombe sans désemparer, le poste est coupé du reste du monde, le téléphone ne répond pas, l´hélicoptère apportant courrier et vivres ne viendra pas. En face, chez l´ennemi, on fait bombance et on a même invité des filles. Dans l´ivresse, il y a des échanges de coups de feu. Soudain, le lendemain, du poste adverse se détache un infirmier brandissant un drapeau blanc : une des filles, blessée, réclame les soins d´un médecin. Le praticien albanais accepte de l´examiner. Elle est déposée sur une civière dans le no man´s land, puis admise de l´autre côté de la frontière. Est-ce vraiment une fille de joie ou une espionne chargée d´évaluer les capacités de résistance du poste albanais ? Aux dernières lignes du récit, alors que la neige a cessé de tomber, d´importants mouvements de troupes se laissent distinguer sur les versants ennemis... « Microromans » ou nouvelles, Kadaré excelle dans la prose brève. Il livre ici quatre de ces textes inédits, auxquels il a ajouté quelques « embryons narratifs » enchâssés jusqu´ici dans des oeuvres plus longues comme Le Concert, et qui recouvrent désormais leur autonomie.

  • L'ombre de l'autre

    Fatos Kongoli

    • Rivages
    • 1 April 2000

    Festim gurabardhi travaille dans une maison d'édition de tirana.
    Ce sont les dernières années du régime communiste albanais. corruption, hypocrisie, aventures érotiques ponctuent la vie des employés. déjà tourmenté par des souvenirs d'épisodes dramatiques de son passé, il doit jouer au chat et à la souris avec le juge d'instruction valmir d. la réalité ressemblant à une illusion et certaines illusions ressemblant à la réalité, festim se rêve anonyme et cherchera jusqu'au seuil de la folie à repousser les contraintes de la violence politique et de la violence sexuelle, deux aliénations parallèles.

    Fatos kongoli excelle, comme dans son premier livre traduit, le paumé, à mettre en scène des bourreaux familiers et des victimes dangereuses. mais on ne triche pas avec le jeu de la mémoire.

  • L'ignorance

    Milan Kundera

    «Sur l'avenir, tout le monde se trompe. L'homme ne peut être sûr que du moment présent. Mais est-ce bien vrai ? Peut-il vraiment le connaître, le présent ? Est-il capable de le juger ? Bien sûr que non. Car comment celui qui ne connaît pas l'avenir pourrait-il comprendre le sens du présent ? Si nous ne savons pas vers quel avenir le présent nous mène, comment pourrions-nous dire que ce présent est bon ou mauvais, qu'il mérite notre adhésion, notre méfiance ou notre haine oe»

  • Dans ses précédents livres, Maurizio Lazzarato s'était attaché à proposer une analyse socio-économique du conflit des intermittents, afin de mettre au jour son potentiel de subversion et de critique radicales du paradigme néolibéral du capitalisme contemporain.
    Afin de saisir ce que la grille socio-économique laisse inévitablement échapper, il met ici en oeuvre pour analyser ce conflit d'autres approches - dont la critique sociale en France n'a pas encore bien mesuré la pertinence politique et la fécondité heuristique : celles qu'ont élaborées, au cours des années 1960 et 1970, Michel Foucault, Gilles Deleuze, Félix Guattari ou encore Michel de Certeau, mais aussi les intuitions et les anticipations de Marcel Duchamp et de Franz Kafka sur ce qu'on pourrait appeler un "nouveau partage du sensible".
    Dans la "grande transformation" que nous sommes en train de vivre, il s'agit d'appréhender la difficulté qu'il y a à articuler l'analyse et les modes d'organisation fondés sur les grands dualismes du capital et du travail, de l'économie et du politique, avec l'analyse et les modes d'organisation expérimentés à partir des années 1968, selon une logique de la multiplicité, qui agit souterrainement, transversalement et à côté desdits dualismes.
    Ce livre voudrait ainsi contribuer à tracer et à travailler quelques pistes pour remédier à l'impuissance qui découle de cette difficulté - qui est aussi une impasse politique.

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