Bruno Serralongue

Bruno Serralongue. Feux de camp du 29 juin au 05 septembre 2010 "Pour moi, la photographie n’est pas première, elle est médiatisée, elle arrive dans un second temps, après une réflexion, après la mise en place d’un cadre opératoire et de règles." Bruno Serralongue En savoir plus Site internet de Bruno Serralongue
  • 15 photographies tirées de la série "La Otra", réalisée au Mexique en 2006 sur la campagne menée par Marcos en parallèle à la campagne présidentielle officielle. Le livre se veut un essai sur des enjeux de la photographie contemporaine (le documentaire, le photojournalisme, .) et non un catalogue d'exposition, ni un livre de photographies. Les textes de Jordi Vidal et de Joerg Bader ne sont pas centrés sur le travail du photographe, mais s'appuient sur lui pour aborder ces enjeux.

  • À l'instar des peintres, Bruno Serralongue va à la rencontre de son sujet.
    Comme ceux qui ont établi la perspective, il prend position dans l'image. Comme les modernes, son oeuvre trouve son objectivité dans son mode de production.

  • L'auteur étudie de manière circonstanciée la mise en place d'un nouveau paradigme centré sur le " retour du réel " dans l'art de la fin du XXe siècle comme contrepoint aussi bien au minimalisme et au conceptualisme dominants durant les années 1970 qu'au simulationnisme postmoderne des années 1980.
    C'est également l'occasion pour l'auteur de réfléchir à la posture " ethnographique " de l'artiste et faire le point sur les rapports entre les avant-gardes historiques et la néo-avant-garde. Cette lecture critique, qui confronte pratiques artistiques et théories de l'art, se veut aussi prise de position contre l'emprise croissante d'une critique d'art trop facilement encline à ne voir dans l'art contemporain que répétitions et pastiches.
    Hal Foster propose une ambitieuse fresque historique et politique de cet art engagé dans les enjeux de son temps.

  • Il existe un consensus chez artistes et critiques qui consiste à perpétuer l'idéal d'une oeuvre d'art susceptible d'éveiller les consciences aliénées, de modifier le cours de l'histoire, de créer de la « reliance » là où le tissu social s'est déchiré. Ce livre émet une hypothèse radicalement différente, critique et polémique : analysant les pôles de résistance que l'art oppose depuis une vingtaine d'années à l'effondrement du politique, il montre combien une partie de l'art contemporain peut se révéler naïf, encore pétri d'illusions humanistes, clivé entre les positions désormais caduques des néo-avant-gardes et les oeuvres dites « relationnelles », prônant une convivialité de bon aloi et occultant l'extrême dureté des fractures sociales. Constat d'échec ? Pas seulement. Car l'art pourrait passer le témoin à d'autres formes visuelles : le documentaire engagé, photographique et plus encore cinématographique, puissante « machine à penser », selon l'expression de Thierry Garrel. Un hommage à la modestie lucide du documentaire, au travail du temps, à la parole incarnée, à l'écart des bruyantes imageries postmodernes.

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  • À partir des années 1970, la photographie bénéficie en France de la création d'institutions et d'événements spécifiques, de son intégration et de sa valorisation dans les organismes culturels et d'une légitimation dans le champ du marché de l'art. La reconnaissance du médium s'articule notamment autour
    de l'acceptation ou du rejet de la photographie de reportage. Cette dynamique permet une reconnaissance du métier et de la créativité du photographe que l'auteur nous fait découvrir par des approches d'ordre historique, juridique, esthétique et culturel.

  • Un paysage d'évènements

    Virilio P

    • Galilee
    • 6 February 1997

    " le passé ne succède pas au présent qu'il n'est plus, il coexiste avec le présent qu'il a été ", écrivait gilles deleuze.

    Depuis peu, en effet, nous vivons cette coexistence qui n'a plus rien de " pacifique " puisque la dissuasion s'est elle-même achevée, au point qu'à leur de l'avenir a soudain succédé celle du passé : un passé-présent vieux seulement de quelques années .
    En fait, lorsqu'on heurte un obstacle, une limite infranchissable, le choc en retour provoque un contre-coup. c'est à l'évidence ce qui vient d'arriver : l'histoire vient d'emboutir le mur du temps.

    Travelling-arrière, le recul de l'histoire entraîne le retrait des acquis, la retraite du progrès. désormais tout fuit : les idéaux politiques, l'éthique comme l'esthétique, et c'est pour mieux appréhender ce défilement, ce glissement progressif du temps que paul virilio entraîne ses lecteurs au fil d'un compte-à-rebours qui remonte à douze ans.

  • On sait les images du photojournalisme prises entre leur fonction (journalistique) et leur valeur esthétique (photographique) : entre le magazine et le musée, " derniers tableaux " reprenant à leur compte les questions de la peinture d'histoire.
    Ce livre offre des exemples - oeuvres, expositions - qui illustrent, et en même temps excèdent cette opposition, et demandent l'élargissement du champ de cette recherche. C'est la vision d'un photojournalisme et d'un art contemporains l'un de l'autre, partageant les mêmes ambitions de " rendre compte du réel ", de témoignage, de " fonction critique ", les mêmes doutes sur leur capacité à le faire, et l'usage (la récupération, l'atténuation) dont ils peuvent faire l'objet.

  • Des milliards de dollars ont été déversés au coeur du système bancaire mondial, mais pourquoi n'avoir pas employé ces mêmes forces pour éradiquer la misère du monde et conjurer la crise environnementale? " Nous faut-il une autre preuve, demande Zizek, que le Capital est devenu le Réel de nos vies, un Réel dont les impératifs l'emportent en despotisme sur les plus pressantes exigences de notre réalité? " Analysant l'implosion soudaine de la sphère financière, Zizek souligne, à la suite de Hegel, Marx et Marcuse, que la répétition de la tragédie sous forme de farce est parfois plus terrifiante que la tragédie initiale. " Le philosophe le plus dangereux d'Occident " passe au crible l'envahissante vision libérale du monde, cette idéologie qui nous fait croire en un lien naturel entre capitalisme et démocratie, se déguise sous les oripeaux libertaires du pseudo-esprit de 68 qu'elle a parfaitement intégré, et nous raconte des histoires semblables à la saga populiste, " humaine, trop humaine ", d'un Berlusconi. A ceux qui se résignent à l'alternative entre un capitalisme " socialiste " à l'occidentale et un capitalisme " autoritaire " à l'asiatique, Zizek rappelle qu'il existe une autre voie: il évoque la leçon de Lénine - " commencer à partir du commencement, encore et encore " -, questionne les thèses de Négri sur les multitudes agissantes au sein de la sphère sociale globalisée et considère la position de Badiou pour qui le communisme reste un ultime - et peut-être indépassable - horizon. Après la tragédie, la farce! est un appel tonique aux forces de gauche pour qu'elles se réinventent.

  • Serge daney, en bon journaliste, écrivait au jour le jour et dans l'urgence.
    Le brio de ses critiques dans les colonnes des cahiers du cinéma, de libération ou de trafic, la violence de ses interventions, alliée à un sens exacerbé de l'actualité, ont trop souvent dissimulé aux yeux de ses lecteurs les plus attentifs le fil rouge de ses partis pris, cette basse plus continue de sa cinéphilie oú la permanence de ses goûts l'a généralement protégé de l'impermanence de ses doutes, bref quelque chose comme l'invariance de sa pensée derrière les variations de ses idées.
    Le montage de ses textes induit par la forme même du livre (cet " editing " commun en anglais au cinéma et à l'édition, d'oú surgit l'étincelle du sens) permet d'en dégager les lignes de forces plus secrètes pour en laisser apparaître les soubassements profonds, éthiques, on le sait, plus encore qu'esthétiques. ce premier volume consacré essentiellement au temps des cahiers, de 1962 à 1981, raconte les années d'apprentissage de serge daney, sa découverte conjointe du cinéma et du monde, son engagement résolument politique, la fascination naissante des médias, en rassemblant enfin la plupart de ses articles, souvent rares ou inaccessibles, parfois inédits, toujours décisifs dans l'élaboration de sa réflexion.

  • Avec ce deuxième volume de la maison cinéma et le monde s'amorce la publication des années libé de serge daney.
    Nommé en 1981 responsable du service cinéma d'un journal qui change alors de formule, il quitte la rédaction en chef des cahiers afin de se consacrer totalement à l'écriture au quotidien. pour reprendre une expression propre au tennis qu'il aimait tant, il peut désormais " monter au filet " et répondre chaque jour aux films qui sortent en salle comme à ceux qu'il revoit à la télévision, au " cinéma voyagé " qu'il couvre dans les festivals comme aux lieux qu'il découvre par la même occasion.
    à libération sa passion de l'image n'a d'égale que celle d'une réalité, géographique, politique, sociale, qu'il ne côtoyait jusqu'ici que dans les intermittences de l'écriture. le cinéma et le monde se font ainsi pleinement écho. que ce soit à propos des sports, de la publicité ou des médias en général, serge daney donne enfin toute la mesure de son extraordinaire intelligence critique en multipliant, dans les colonnes du journal, les angles d'attaque et les partis pris mais en le faisant toujours du seul point de vue du cinéma, selon cette double éthique du bien-voir et du bien-dire qui porte sa signature, si immédiatement reconnaissable, et dont tous ses articles, même les plus modestes, même les plus anecdotiques, gardent l'inaltérable empreinte.

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