Le conseil de la librairie Photographies à l'oeuvre Catalogue de l'exposition au Château de Tours du 26 novembre 2011 au 20 mai 2012
Enquêtes et chantiers de la reconstruction. 1945-1958
Organisé au sein du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) dès 1945, un service photographique était chargé, pour la direction de l’information, de la documentation des activités du ministère. Réalisées entre 1945 et 1958, dates bornant la création du ministère de la Reconstruction et la fin de la IVe République, plus de 33 000 photographies rendent compte des préoccupations politiques et stratégiques de l’administration en charge de la reconstruction après les destructions de la Seconde Guerre mondiale. La redécouverte récente du fonds du MRU par les historiens de la photographie permet aujourd’hui d’ébaucher l’histoire du service photographique et de ses opérateurs. Ceux-ci, comme Henri Salesse, simples “vérificateurs techniques de la construction”, sortent progressivement de l’anonymat où les a plongés le statut de photographe salarié d’une administration publique.
Texte de Didier Mouchel et Danièle Voldman
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À la Libération, le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU) fut chargé de remédier aux destructions de la guerre autant qu'à la vétusté de l'habitat.
Dès 1945, un service photographique interne documente l'état du bâti et surtout les constructions nouvelles. Plus de trente-six mille clichés sont ainsi réalisés jusqu'en 1958, date à laquelle le terme de "reconstruction" disparaît de l'intitulé du ministère. Le livre raconte cette histoire en mettant l'accent sur quelques chantiers et enquêtes remarquables, issus de ce fonds en grande partie inédit.
Dans l'immédiate après-guerre, le MRU engage des"chantiers d'expérience" ; parmi ceux-ci, divers types de maisons préfabriquées à Noisy-le-Sec, et la vaste reconstruction du centre-ville d'Orléans. Vues générales, ouvriers au travail, phases de construction illustrent ici l'urgence de rebâtir. Les "chantiers d'Etat" répondent, eux, au besoin de loger mieux et davantage une population qui s'accroît. Du Havre à Marseille, les opérateurs du ministère photographient les premiers grands ensembles.
Parallèlement, des "enquêtes sur l'habitat" accompagnent, au début des années 1950, des études sociologiques soutenues par le MRU. Elles décrivent des quartiers populaires à Rouen et Petit-Quevilly, en Normandie, au Chambon-Feugerolles, près de Saint-Etienne, à Montreuil-sous-Bois et à Pantin, en région parisienne. La plupart sont dues à Henri Salesse, photographe au MRU pendant près de trente ans. On y découvre les logements insalubres mais aussi les habitants et la vie de rue.
Les images du MRU rendent sensibles les enjeux urbains, et plus largement sociaux, de la France d'après-guerre. Elles constituent aussi un exemple de cette production "grise" (administrative ou industrielle) que l'histoire de la photographie commence à étudier.
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